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Orgie de sucre: Fin de la récréation

Par Andie · 9 janvier 2019 · Aucun commentaire

Photo by Patrick Fore on Unsplash

Ecrit par Andie

Nous avons tous entendu nos parents ou un adulte nous dire « Ne mange pas trop de sucre, c’est pas bon pour tes dents ». Mais dans quelle mesure le sucre est-il vraiment dangereux pour notre santé ? Nos parents n’ont-ils pas sous-estimé ce sucre ? Comment l’or blanc, aujourd’hui, nous nuit-il, à nous et nos enfants?

DU SUCRE PARTOUT 

Photo by Dietmar Rabich / Wikimedia Commons / « Würfelzucker — 2018 — 3564 » / CC BY-SA 4.0

Les grandes entreprises sucrières du monde ne cessent de s’enrichir. Par exemple, le chiffre d’affaire de Tereos, le groupe coopératif sucrier, 1er en France, 2ème mondial, est de 4987 millions d’euros pour l’année 2017-2018. Parallèlement, depuis des années, nombres d’études tentent de prouver les méfaits du sucre sur notre santé, sans grand retentissement cependant.

Le sucre est partout

Nos bonbons, nos gâteaux mais également nos sauces pour pâtes, nos boissons, nos céréales, nos plats préparés bref la prochaine fois que vous faites vos courses, vérifiez les ingrédients des produits que vous achetez. Vous pourriez être surpris. Il me semblait évident de retrouver du sucre dans les céréales de mon fils le matin (bien que là, ce soit la quantité qui est surprenante) mais je ne m’attendais pas à en retrouver dans les biscottes que j’ai mangé ce matin, dans les bâtonnets de surimi que j’ai grignoté ce midi ou encore la bière de ce soir. Du sucre, lorsque nous n’avons pas l’occasion de cuisiner tous les jours, nous en consommons donc du matin au soir.

AUSSI ADDICTIF QUE LA DROGUE

Au CNRS de Bordeaux, les rats sont l’objet expériences qui feront littéralement hurler mes amis anti-spécistes : Pour l’étude des addictions, ils sont volontairement rendus accros à la cocaïne (ce qui rendrait jaloux certains de mes autres amis !!! ). Pour cette étude, les rats ont ensuite le choix entre une dose de cocaïne directement injectée dans le sang et une dose d’eau sucrée. Sur 100 rats, 90 choisiront l’eau sucrée. Pour le Pr Ahmed, le résultat est sans appel, le sucre a un pouvoir addictif aussi fort que celui de la cocaïne car ces deux substances, lors de leur prise, libère de la dopamine, hormone de la récompense et du plaisir.

LES MAUX DU SUCRE

Dans un rapport datant de 2003 : « Diet, nutrition and the prevention of chronic diseases », les chercheurs de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) établissent un lien direct entre la consommation de sucre et le risque d’obésité. En particulier lors de la consommation de boisson sucrée. L’énergie contenue dans les boissons, selon ces derniers, est moins bien « détectée » par le corps. Les apports alimentaires sont donc mal ajusté par rapport à l’énergie prise via la boisson. Par conséquent le risque d’obésité augmente.

Dans un rapport de 2016 qui établit les recommandations d’apport en sucres, l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) tombe d’accord avec l’OMS. L’ajout de sucre libre ne devrait pas dépasser 10% de l’apport énergétique total. Elle rajoute que « la consommation de sucres au-delà de certaines quantités présentes des risques pour la santé par des effets directs sur la prise de poids, l’augmentation de la triglycéridémie (taux de lipides dans le sang) et l’uricémie (taux d’urée dans le sang), ainsi que par des effets indirects sur le diabète de type 2 et certains cancers, maladies qui constituent actuellement des enjeux de santé publique majeurs»

L’HISTOIRE DU SUCRE ET SES AUTRES NOMS 

Récolte de la canne à sucre par des esclaves sur l'île de La Réunion

Récolte de la canne à sucre par des esclaves sur l’île de La Réunion

Nous l’avons oublié mais autrefois le sucre était cher car extrait de la canne à sucre, produit dans les colonies d’outre-mer. C’est après la guerre, que la consommation de sucre est devenue aussi industrielle que sa fabrication car le sucre que nous consommons est aujourd’hui extrait de la betterave.

Malgré le fait que la découverte du sucre de betterave date du début du XVIIème siècle, il faudra attendre la révolution industrielle pour que sa fabrication se répande.

Les autres noms que l’on retrouve sur les étiquettes: Sirop de sucre inverti, maltodextrine, extrait de malt, amidon modifié, dextrine, dextrane, puis les « ose » maltose, dextrose, fructose, saccharose, galactose. Tous ne sont pas issus de la betterave.

LE SUCRE ET NOS ENFANTS

En tant que maman et à titre personnel, cette étude interpelle ma responsabilité vis-à-vis de mon fils. Je me sens très peu à l’aise avec l’idée d’acheter des bonbons et gâteaux industriels à mon fils bien que, en toute honnêteté, ça m’arrive encore. Avec les contraintes de la vie actuelle, le manque de temps pour cuisiner, les tentations extérieures, on ne peut décemment pas attendre des parents un contrôle parfait de la consommation de sucre de leur enfant. Sans une réelle prise de conscience générale appuyée par une réglementation plus stricte nous pouvons tout au plus limiter la consommation en sucre de nos bambins.

Tester des recettes sans sucre

Photo by Yogesh Rahamatkar on Unsplash

Pour l’expérience j’ai fait à mon fils des cakes… SANS SUCRE. Consciente que l’absence de goût sucré dans les gâteaux risquait de le faire hurler au scandale et en suivant des conseils trouvés sur internet par des personnes suivant un régime sans sucre, je rajoute des pommes et bananes écrasées, ces deux fruits amis au bon goût sucré ainsi qu’un peu de miel. N’étant moi-même pas un bec sucré le résultat me convient tout à fait. Mon fils lui, à la première bouchée, me signifie tout de suite que ce n’est pas sucré et me demande d’ajouter de la confiture. J’ai tout de même renouvelé l’opération et le résultat a finit par le convaincre. J’imagine qu’il s’est juste habitué, comme les enfants savent si bien le faire.

Evidemment le but n’est pas de supprimer le sucre de son alimentation. C’est une des substances naturellement présentes dans la nature et sa consommation n’est, à l’origine, pas mauvaise. Les chercheurs veulent  nous mettre en garde contre l’ajout quasi systématique dans notre alimentation des sucres libres c’est-à-dire le sucre raffiné, industriel ainsi que les jus de fruits.

Dans son rapport « Diet, nutrition and the prevention of chronic diseases » de 1990 l’OMS considère que, dans le cadre d’une alimentation saine et variée évidemment, il n’y a besoin d’aucun apport supplémentaire en sucre.

Ne vous blâmez pas pour un gâteau

Sus au mommy/daddy shamers. J’entends d’ici, les bien-pensants qui demanderont pourquoi ne pas juste donner des fruits : De nombreux parents font leur maximum pour offrir une alimentation saine et équilibrée avec fruits et légumes à leur enfant. Mais à titre perso et face à la profusion de gâteaux et goûters que nos enfants affrontent chaque jour, il est frustrant de limiter . Un dilemme de tous les jours: s’attacher à ne combler que les besoins nutritionnels, faire plaisir, éviter les pièges de la nourriture industrielle sans pour autant créer de frustration. Mon très humble conseil : Faites de votre mieux, tout en ayant conscience et dès que possible, limiter.

BONUS de la rubrique « une société qui nous veut du bien » 

 

Que savez-vous du fluor ?  Cet « indispensable » de nos pâtes de dentifrice, naturellement présent dans la nature est classé par l’OMS parmi les 10 produits chimiques qui posent un problème majeur de santé. Le fluor est aujourd’hui de plus en plus controversé. Causant fluorose en trop grande consommation♠, il est aussi accusé de causer hypothyroïdie, d’avoir un impact sur le développement neurologique chez les enfants, abaissement du QI etc.

 

Cependant l’OMS spécifie également qu’il est bon de prendre « des mesures de santé publique pour assurer un apport suffisant de fluor afin d’éviter » … « La survenue de caries dentaires. »

Suivant ces recommandations, certains pays pratiquent la fluoration de l’eau. La France, qui a abandonné cette pratique, a cependant autorisé le sel fluoré en compensation.

 

Vous le voyez notre lien avec le sucre ? Le Streptococcus mutans, bactérie responsable des caries n’a envahi nos bouches qu’après la révolution industrielle, soit le début de l’essor de sucre (selon une étude de chercheurs australiens). Contrairement aux clichés, l’homme des cavernes ou moyenâgeux n’avait pas les dents cariées, ce sont d’autres problèmes causés par d’autres bactéries dont se souciaient nos ancêtres comme le porphyromonas gingivalis, provoquant gingivites, parodontites et inflammations.

 

Alors résumons, au lieu de limiter la consommation d’une merde, on préfère nous en filer une deuxième pour pallier aux conséquences de la première.

Bref c’est nos chicots VS l’industrie du sucre ET du fluor ou comme on dit “d’une pierre, deux coups”.

 

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