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La Rose de Jéricho : être vieille et décrépie n’est pas pour elle !

Par David · 8 juin 2018 · Aucun commentaire

Image du site http://sciencejunior.fr

Ecrit par David

Avec le retour des beaux jours, un grand nombre de passionnés de jardinage vont se mettre à l’œuvre afin de nous offrir de beau jardin rempli de fleurs colorées. Bien entendu, tout le monde n’a pas la main verte ! Nous parlerons cette semaine d’une plante qui pourrait permettre à tous les adorateurs du précepte «  jardiné bien, jardiné bio, jardiné sans eau » de garder une plante en vie malgré tout !

La carte D’IDENTITÉ de la rose

Cette petite merveille porte le nom de Rose de Jéricho. Il faut cependant faire attention puisque trois plantes portent ce nom bien qu’il n’y ait que peu de ressemblances entrent-elles. Leur seul point commun étant le fait qu’elles puissent résister à une très forte sécheresse. Aujourd’hui, nous nous intéresserons à celle dont le nom scientifique est Selaginella lepidophylla (les deux autres se nommant respectivement Anastatica hierochuntica et Asteriscus hierochuntica).

Cette plante sans fleur est apparentée aux fougères et fait partie de la famille des  Sélaginellacées. Originaire du désert de Chihuahua situé au niveau du mur à la frontière entre le Sud des Etats-Unis et le Nord du Mexique, son nom fait allusion à la ville biblique de Jéricho. Selon les croyances, cette ville située en Cisjordanie, renaissait sans cesse de ses centres.

Un système de survie étrange : la déshydratation

Dans les traces du phénix, notre petite plante, quant à elle, possède la capacité de reviviscence. Cette capacité lui permet de reprendre sa croissance en se réhydratant même après une longue période de sécheresse. En effet, elle est tout à fait adaptée aux milieux désertiques, la Rose de Jéricho peut se passer d’eau durant plusieurs années. Elle peut se dessécher jusqu’à ne conserver que 3% de sa masse initiale. Oui, vous pouvez le dire, c’est un peu une planté que l’on pourrait qualifier de lyophilisé.

Imagne du http://sciencejunior.fr

Elle vit et se reproduit dans les régions arides au même titre que les cactus. Si les conditions de vie deviennent trop difficiles, la plante met en place un mécanisme de survie. Elle se déshydrate progressivement, la sève se retire des feuilles qui brunissent et se recroquevillent sur elles-mêmes jusqu’à donner une forme de boule. Cette forme lui permet de conserver le peu d’humidité qu’il lui reste en son centre. À partir de ce moment-là, la plante entre en dormance, c’est-à-dire qu’elle est toujours vivante mais que toute ces fonctions métaboliques (ce sont toutes les réactions chimiques qui se vont dans un organisme vivant) sont réduites au minimum. Tant que la plante ne sera pas en contact avec une quantité d’eau suffisante, elle restera sous cette forme.

La ou il y a de l’eau il y a de la turgescence

Image de http://www.plant-and-flower-guide.com

Lorsque de nouvelles pluies surviennent, ses cellules commencent à se réhydrater et la plante déploie ses tiges afin de s’ouvrir totalement. Il est probable (je n’ai pas trouvé de référence, je ne fais que supposer) que la plante se déplie dû à un mécanisme de turgescence des cellules.  C’est-à-dire que les cellules se gonflent d’eau (l’eau est stockée dans un compartiment cellulaire appelé la vacuole) et si les cellules sont pleine d’eau, elles vont se « durcir » et donc se tendre. Si toutes les cellules de chaque tige effectuent cette action, cela à pour effet de redresser les tiges et donc d’ouvrir la plante. C’est le mécanisme inverse qui se produit lors des sécheresses, comme il manque de l’eau les cellules ne sont plus en turgescence et donc les tiges se rabattent.

 

Si la sécheresse dure trop longtemps, les racines peuvent parfois se rompre et la Rose peut alors être emportée par le vent qui la mènera peut-être vers une zone plus humide où elle pourra se réhydrater avant de reprendre racine. Cette petite plante n’est pas non plus immortelle, si la sécheresse est trop longue, il se peut qu’elle ne soit plus en dormance, mais belle et bien morte. Dans ce cas, l’ouverture de la plante lors de la remise en eau s’effectue tout de même. Bien qu’elle ne soit plus en vie, son « squelette » réagi toujours à la présence d’eau.

Ce n’est certainement pas la plus belle plante que nous a offerte la nature, mais la rose de Jéricho reste un bel exemple de ce que peut être la persévérance

Une résurrection en VIDÉO

Voilà une petite vidéo d’un peu plus d’une minute montrant la sortie de la dormance de notre petite rose. Poser dans son petit socle, la rose ouvre ces bras et dévoile ses feuilles encore vertes.

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