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Culture Littérature

Les démoniaques, l’uppercut des thrillers

Par Wanda · 5 octobre 2019 · Aucun commentaire

Ecrit par Wanda

Les Démoniaques, c’est la claque qui siffle en pleine tronche, c’est le coup de poing dans l’estomac, ça prend totalement aux tripes, c’est hyper trash. Mais on en redemande ! Ce thriller de Mattias Köping sorti en avril 2018 et édité par Ring est son tout premier roman. Ce talentueux auteur a tout simplement révolutionné le genre en inventant une nouvelle nuance de noir : le plus noir que noir.

Une couverture particulièrement éloquente

Après avoir lu ce bijou littéraire, j’ai eu l’impression de flotter, que tout était fade. On en ressort meurtri, dézingué, chamboulé. On pourrait croire à un long étalage de violence gratuite, mais il n’en est rien. L’histoire est terriblement bien ficelée, limite sadique, mais nous emmène malgré tout vers l’espoir et la lumière. Les sujets abordés sont les plus durs qui soient… Et Mattias Köping ne fait pas dans la dentelle dans ses descriptions. Aussi, si vous vous sentez dégoutté au bout de quelques pages, je n’aurai qu’un seul conseil : persévérez. Si la première partie du roman nous offre une ribambelle d’images sordides à la limite du supportable, il va vite provoquer chez le lecteur l’envie de vengeance et que justice soit faite. Une chose est sûre en tout cas : les vrais démons sont de l’espèce humaine.

D’emblée l’auteur nous met au parfum :

2012.
Ils reprennent en chœur :

« Joyeux anniversaire, salope ! Joyeux anniversaire, salope ! Joyeux anniversaire, salope! Joyeux anniversaire ! »

Ils l’ont encerclée, hilares, à poil. Ils sont tous là, son père, son oncle, Simplet, Waldberg, Delveau, Beloncle. Elle est à quatre pattes au milieu de la meute, fragile et nue, déchirée de sanglots. Son père la maintient par les cheveux.

Elle s’appelle Kimy.

Ce soir, on fête ses quinze ans.

Bienvenue à Viaduc-sur-Bauge !

Ça aurait pu arriver près de chez vous

Alors que les voitures circulent à 130 en périphérie de ce petit village en apparence calme, se trament de violentes et abjectes affaires. Jacky Mauchrétien, surnommé L’Ours à cause de son physique hors-norme, est à la tête d’un empire. Mais un empire plus proche de l’enfer sur terre que d’une communauté politique ou financière. S’il a perdu le sens de l’humour (mais sans doute ne l’a-t-il jamais eu), il n’a certainement pas perdu le sens des affaires. D’ailleurs, il n’obéit à aucune loi, c’est lui qui fait la loi. Et à sa suite, pléthore de personnalités locales promptes à l’aider dans ses trafics. Trafic de drogues, trafic de femmes, trafic d’enfants, même sa propre fille Kimy est en location, vous trouverez absolument tout pour satisfaire vos plus viles pulsions à Viaduc-sur-Bauge ! Un bauge n’est-il pas le coin tranquille pour hiberner chez les ours ? En tout cas, pour cette ordure de psychopathe, c’est le cas, personne ne risque de l’inquiéter. Même la police locale a été mise au pas. La Souille est son repère et il s’y passe des choses qu’on n’a pas envie de savoir. Et pourtant l’auteur va vite nous renseigner sur les affaires qui se déroulent à la Souille, qui porte si bien son nom. Mais c’est sans compter sur un événement qui sera le déclencheur d’un ras-de-marée pour ce commerce florissant. La rencontre de l’insondable Kimy, alors âgée de 18 ans, et Henri, le professeur solitaire en dépression. Tout les oppose apparemment, sauf leur terrible soif de vengeance.

La violence comme moyen de communication pour l’Ours

Le mystère Kimy

Kimy, c’est un poème à elle tout-seule. Grande gigue au beau petit cul, accro aux mignonnettes de vodka. Elle semble avoir pour modèle les bimbos de la télé-réalité. Pas très fan des cours, elle fréquente le lycée surtout pour refourguer la came de son charmant paternel. Pourtant Kimy n’est pas du tout une imbécile. Loin de là, elle a vécu, la môme. Elle aura grandie bien trop vite, privée de toute enfance possible par, entre autre, son immonde géniteur. Du coup, Kimy en a très gros sur la patate et n’attend qu’une chose : le moment fatidique pour mettre en application son plan de bataille. Et croyez-moi, celui-ci n’est pas piqué des vers ! Mais aussi, Kimy découvre grâce à Henri les joies de la littérature. Et de l’amour. Le vrai. Pas celui que son père vend. Pour la première fois, quelqu’un l’aime, et pas que pour la came qu’elle revend ni pour son fessier.

Quand l’Ours ou ses amis proposent d’aller jouer dans les bois : méfiez-vous

Mais le bonheur est-il possible dans un monde, pas si loin de chez nous, où tout pue la moisissure et les restes dégoulinants d’orgie ? Est-il possible pour deux êtres aussi sensibles de cohabiter avec des créatures capables d’ôter toute foi en l’humanité ? Je ne vous dirai pas la réponse, j’en serai incapable. Mais lorsque j’ai refermé le livre, j’ai senti mon estomac se nouer. L’impression d’avoir fait une très longue chute. Surtout parce que, malheureusement, je l’avais déjà terminé, le bouquin… Parce que la terrible histoire racontée par Mattias Köping était, elle aussi, terminée.

Les références

Les Démoniaques de Mattias Köping, édité chez Ring. Disponible sur Amazon.

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