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Cinéma Culture

Les crevettes pailletées, le feel good movie inattendu

Par Teddy · 5 mai 2019 · Aucun commentaire

Les crevettes pailletées © Thibault Grabherr

Ecrit par Teddy

La grande sortie cinéma française de la semaine qui arrive, c’est Les crevettes pailletées, de Maxime Govare. Mathias Le Goff est vice-champion du monde de natation. Après avoir tenu des propos homophobes, il est contraint d’entraîner l’équipe française masculine de water-polo pour les Gay Games.

Maxime Govare en duo avec le tout jeune réalisateur Cédric Le Gallo

Maxime Govare, c’est un mec qui traîne depuis des années dans la comédie française. C’est surtout un mec qui a envie de faire bouger les choses. Il co-réalise d’abord deux films avec Noémie Saglio (réalisatrice à qui l’on doit la série « Connasse »). Il s’aventure ensuite en 2017 en solo pour « Daddy Cool », avec entre autres Vincent Elbaz. Le film avait rencontré son petit succès. A sa mesure, avec qualités et défauts, c’était au final une comédie sympa.

Aujourd’hui, Maxime Govare revient en compagnie de Cédric Le Gallo, un tout jeune réalisateur qui fait ses premiers pas derrière la caméra pour une fiction. Une fiction qui s’inspire très librement de sa vie, puisque le réalisateur fait partie de la véritable équipe des crevettes pailletées.

La sortie cinéma loin des clichés attendus

Les crevettes pailletées

Les crevettes pailletées
© Thibault Grabherr

Il y a des films dont on n’attend pas grand chose et qui finalement se trouvent être des putains de révélations. Clairement, le nouveau film Les crevettes pailletées fait parti de ceux-là. J’ai bien apprécié les précédents métrages de Maxime Govare, qui s’était déjà confronté à l’homosexualité avec Toute première fois. J’avais néanmoins la crainte de tomber dans un film qui serait une caricature vulgaire et ne fasse finalement que de la blague, sous couvert d’une ode à la différence. Heureusement, le film de Maxime Govare et Cédric Le Gallo est à mille lieux de ça. Mieux encore, c’est un concentré d’éclats de rire, moments et répliques qui ne peuvent que devenir cultes, personnages au haut couleurs et tous adorables. C’est surtout une intrigue bien construite, bien ficelée qui dépasse grandement l’ode à la différence qu’on s’attendait de voir. Les crevettes pailletées s’inscrit bien comme l’une des meilleures sorties cinéma de ce début d’années 2019.

Un connard au pays des homos

Mathias Le Goff, la trentaine est un gagnant par excellence. Vice champion du monde de natation, Le Goff, après avoir perdu une course, tient des propos homophobes face à un journaliste qui l’interviewe. Condamné par la fédération des sports, Le Goff est contraint de devenir le coach d’une équipe de water-polo gay qui va concourir aux Gay Games. Autant dire qu’entre ce nouveau coach (qui tire autant sur le connard que l’homophobe) et les joueurs de l’équipe, c’est le choc des cultures.

Les crevettes pailletées : la critique dans le grand bain

Les crevettes pailletées

Les crevettes pailletées
© Thibault Grabherr

S’inspirant de la véritable équipe des crevettes pailletées, Maxime Govare et Cédric Le Gallo nous livrent là une belle et grande comédie. Une comédie qui s’amuse avec les stéréotypes, qui ose s’aventurer aussi bien dans la caricature que l’auto-dérision, mais qui ne le fait jamais de manière gratuite. On y voit toujours une réflexion, un but, un sujet.

Certes, le projet sur le papier peut faire susciter les craintes (moi-même, je les ai eues), surtout vu la bande-annonce. Au contraire, et heureusement, à l’écran, tout s’envole pour laisser place à un film comme on en voit peu. C’est d’autant plus vrai qu’aujourd’hui, le politiquement correct est devenu le mot d’ordre.

Encore un nouveau film qui se moque des homos ?

Je vais tout d’abord m’attarder sur ce qui fera le plus débat, je suppose, avec ce film. Quelle peinture offrent là le duo de réalisateurs ? Les crevettes pailletées, c’est bien un film qui est une ode à la différence. C’est un film qui ose proposer des personnages hauts en couleur, comme pouvaient le faire « Priscillia folle du désert » ou autres « La cage aux folles », mais pas que. Le piège de l’outrance et du vulgaire était bien présent, en plus de réduire l’homosexuel a une folle chaudasse comme bons nombres de réalisateurs ont pu le faire. Très sincèrement, la bande-annonce laissait transparaître ça. Heureusement, Maxime Govare et Cédric Le Gallo sont plus intelligents. Ici, ils nous offrent une palette de personnages tous très différents les uns des autres. C’est là, la principale force du long-métrage. Le scénario est très bien ficelé. C’est aussi bien un film de potes, qu’un road-trip à travers l’Europe. C’et encore un film qui prône la tolérance, et la différence. C’est bien l’écriture de chacun de ses personnages et leurs évolutions au sein de cette histoire qui est le plus prenant, le plus intéressant et surtout le plus touchant.

Avant-première du film Les crevettes pailletées

Avant-première du film Les crevettes pailletées à laquelle j’ai pu assister

La force de cette sortie cinéma : la finesse des personnages

Maxime Govare et Cédric Le Gallo ont su écrire et donner de l’importance à ces neufs personnages qui résonneront tous comme principaux. Bourré de tendre, mais aussi bourré d’humanité et d’exubérance. Bourré d’amour et de drame. Bourré de légèreté et de gravité. Ces personnages sont tous simplement beaux et justes. Puis à travers chacun d’eux, le duo explore tellement de sujets : l’amour bien sûr, le regard de l’autre, l’amitié, la paternité et la famille, le rêve d’une vie meilleure, l’acceptation de soi, le dépassement de soi. Il traite aussi de l’homophobie bien sûr,  mais au sein-même de la communauté homosexuelle, un sujet qui n’est pas couramment traité. Bref, le film est un petit concentré de sujets d’actualité, qui sans trop en faire, tient sa ligne, sa justesse et surtout touche en plein cœur.

On notera aussi le casting parfait que les deux réalisateurs ont réuni. On sera forcément plus touché par certains de ses personnages et ses acteurs, comme Alban Lenoir, Nicolas Gob, Michaël Abiteboul, Romain Brau,… Tous ces acteurs sont beaux et essentiels à ce film et cette histoire.

Les crevettes pailletées

Les crevettes pailletées
© Thibault Grabherr

Le doux équilibre entre humour et rebondissements plus durs

Revenons au film lui-même. Les crevettes pailletées, c’est un festival d’humour, d’auto-dérision, d’éclats de rire. Cela faisait bien longtemps que je ne m’étais pas autant amusé devant un film. Attention, je ne parle pas de se moquer du film, mais bien de s’amuser avec lui. Des situations souvent délirantes, ou encore des répliques savoureuses font que le film tient. Tout cet humour est toujours contrebalancé de manière assez imprévisible, avec des moments bien plus touchants. Le scénario offre des rebondissements assez durs qu’on ne voit pas arriver. A chaque fois, ils vont donner encore plus de fond à cette histoire qui, du coup, ne sera pas qu’une simple comédie.

Les crevettes pailletées

Les crevettes pailletées
© Thibault Grabherr

Les crevettes pailletées, c’est donc un très grand et très beau oui. C’est un film qui est bien plus intelligent et surprenant qu’il ne le laisse paraître. C’est un film tout en justesse et en même temps qui ose être haut en couleurs. Maxime Govare et Cédric Le Gallo livrent une grande comédie pleine de cœur. Une comédie qui a bien des arguments pour devenir culte. Une comédie qui ose, et en même temps, qui sait être tout en émotion et retenu. C’est à la fois un film sociétal, un road movie, un feel good movie prônant la tolérance et peignant des personnages tous plus différents les uns des autres. Les crevettes pailletées s’impose au fil des minutes, un délicieux mélange qui fait du bien.

Aller plus loin

Les crevettes pailletées sort ce 8 mai 2019 au cinéma

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