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Culture Geek Gaming

The Witcher, acte 1

Par Wanda · 12 septembre 2018 · Aucun commentaire

Ecrit par Wanda

Alors que le studio polonais CD Projekt nous concocte le très attendu Cyberpunk 2077, profitons-en pour revenir sur leur licence la plus connue, j’ai nommé The Witcher. Inspirée par l’univers d’Andrzej Sapkowski, l’équipe a développé trois jeux dans lesquels vous incarnez Geralt de Riv, Sorceleur parcourant les contrées de Temeria, en quête de réponses sur son passé. Un Geralt qui sera d’ailleurs incarné par Henry Cavill dans la série du même nom courant 2019, a annoncé Netflix.

The Witcher fut le premier de la série. Sorti en 2007 (puis en 2008 avec Enhanced Edition qui corrigea quelques bugs et améliora la qualité du jeu), ce RPG reprend le moteur graphique amélioré de Neverwinter Nights, mais la possibilité de changer de vue à la première ou à la troisième personne en font la particularité.

« Geralt de Riv, Sorceleur, à votre service! »

Non, ce n’est pas Gollum

Amnésique, vous commencez l’aventure quelques années après le pogrom qui décima les Sorceleurs. Mais d’abord, c’est quoi, un Sorceleur ? Ils sont essentiellement des chasseurs de monstres. Imaginez l’École des Sorciers d’Harry Potter, enlevez tout le côté mignonnet et les baguettes magiques, ajoutez des cibles de combats, des mutations génétiques et des épées. Tels des Buffy dans un univers médiéval, ils sont entraînés à Kaer Morhen dès leur plus tendre enfance à traquer goules, noyeurs ou dragons ainsi que d’autres joyeusetés contre monnaie sonnante et trébuchante. Ce qui les rend plus fort que le commun des mortels, c’est leur capacité à ingérer des élixirs et mutagènes leur conférant certains pouvoirs, la maîtrise des techniques de combat ainsi que l’utilisation de signes. Considérés comme des mutants, les Sorceleurs sont craints par le reste de la population qui leur est parfois hostile. Ils sont pourtant nécessaires à l’élimination des monstres qui déciment villes et villages.

« J’ai vu une grosse bête! »

Vous, Geralt, évoluerez dans un univers pas toujours très coopératif à votre égard. A la recherche d’Azar Javed et de ses sombres acolytes de la Salamandre, ainsi que du solitaire Sorceleur Berengar, vous enquêterez sur votre passé et vous y confronterez. Amnésique, vous ne reconnaissez personne. Par contre, ennemis et amis vous reconnaissent, et c’est comme cela qu’au au fil des quêtes et des dialogues vous choisirez malgré vous un camp ou l’autre, parfois même sans le savoir tout-de-suite. Bons ou mauvais choix, il est souvent dur de se prononcer, le manichéisme s’estompant progressivement au cours de la narration. Humains, elfes et nains cohabitent (difficilement) dans un monde rempli de racisme. Pour résumer de manière extrêmement succincte, une haine grondante se fait sentir en jeu, et vous aurez le choix entre rejoindre le camp des humains, la Rose Ardente, ou le camp des non-humains, la Scoia’tael. Et vous comprendrez malheureusement que, et malgré vos talents et toute votre bonne volonté, vous ne pouvez pas faire grand-chose contre la bêtise de certains.

Le QCM du RPG

Une partie endiablée de poker au dés

Outre une trame narrative palpitante et très poussée, vous aurez cependant droit aux sempiternelles quêtes « Fedex », c’est-à-dire qu’assez rapidement, votre journal de quêtes contiendra des missions telles que « Ramenez-moi 1000000 peaux de lapinous et je vous donnerai un caillou » ou « Tuez 3490594 goules et vous aurez 100 balles et un mars en échange ». N’oublions pas que le jeu est sorti en 2007, ce procédé était alors encore très largement utilisé dans les RPG. L’aspect « couloir » du jeu a en revanche été effacé par la possibilité de faire des choix, comme évoqué précédemment, et dans le choix des quêtes que vous avez envie de faire. Si bien que vous pouvez dire à Papy qui a besoin d’une escorte pour rentrer chez lui, qu’à trois heures du mat’, vous avez autre chose à faire, comme aller jouer au Poker par exemple. Car oui, qu’est-ce qu’un RPG sans la possibilité de se faire de l’argent facile ? Geralt s’adonnera ainsi aux joies du Poker de dés et de la baston à mains nues afin de récolter (ou perdre…) quelques orins sans trop se fouler. Et très franchement, il n’y a rien de plus addictif (hormis une partie de démineur, mais on s’éloigne du sujet).

« Oh, Monsieur Henri, vous avez de ces expressions! »

Mais Geralt ne court pas qu’après la monnaie, ce charmant Loup Blanc sait parler aux dames, et celles-ci lui rendent souvent assez bien. Si vous êtes collectionneur dans l’âme, vous essayerez alors par tous les moyens d’acquérir toutes les « cartes coquines » du jeu, un peu comme si vous attrapiez des Poké-femmes, finalement.

Connais ton ennemi et connais-toi toi-même

La promenade champêtre

En parlant d’attraper, la prise en main du jeu est assez originale, même comparée à des jeux actuels. Le système de combat est des plus agréable, et à mon sens, le plus réussi des trois opus. Malgré une gestion de caméra pas toujours évidente, il nécessite souvent une vraie stratégie, ce qui le rend intéressant. Si vous connaissez vos ennemis, il sera plus facile de vous préparer pour un combat, et c’est alors qu’interviennent les élixirs, huiles, bombes et mutagènes. Des livres disséminés un peu partout vous en apprendront plus sur les plantes et le bestiaire qui vous entourent. Au coin du feu, vous aurez tout le temps de réfléchir sur la meilleure façon de parlementer avec les goules qui pataugent dans les marais à 200 mètres de vous et de pratiquer un peu d’alchimie. Vous avez également plusieurs styles de combat : rapide, puissant ou de groupe – tarif réduit pour les moins de 16 ans. Le choix des signes est également important, certaines bestioles étant insensibles au renversement, ou particulièrement combustibles. A tout moment, vous pouvez mettre le jeu en pause afin d’évaluer la situation. Le combat en lui-même se déroule à l’aide du curseur, en cliquant selon un certain rythme afin de déclencher des combos.

Geralt, l’apprenti sorcier

Cela dit, le jeu a beau faire la part belle à l’action pure et dure, il n’en reste pas moins un RPG avec énormément de dialogues. Travaillés, bruts, parfois durs, ceux-ci ont été largement salués par la critique au moment de la sortie du jeu. Et pour cause, ils nous plongent corps et âme dans un monde dévasté par le racisme et la peste. L’ambiance y est souvent lourde et menaçante, tout comme le temps passant du jour à la nuit ou du soleil à l’orage sans qu’on n’y prenne garde. Vous avez d’ailleurs un moyen d’accélérer le temps, ce qui vous sera souvent bien utile, par exemple si on vous donne rencard à 15h devant la boulangerie et qu’il n’est que minuit et demi. Pendant ce temps, si vous avez acquis assez de points de talent, ce sera le bon moment pour orienter le build de votre petit bonhomme. Toujours au coin du feu, vous pourrez distribuer ces points dans différents arbres de compétences. Ces derniers ne sont pas légion, mais assez explicites et pas trop mal foutus, même s’ils ne sont pas le gros point fort du jeu.

Soirée « marshmallow grillés »

Le plus immersif des trois épisodes?

Tandis que The Witcher 3 : Wild Hunt a littéralement explosé un record des ventes dans le monde, The Witcher, premier du nom, n’en reste pas moins exceptionnel. On en retient avant tout l’aspect immersif. Pourvu d’un univers et d’un récit extrêmement denses, il donne envie de se lancer tête baissée dans l’exploration des trois opus (et la lecture de la saga), dans la peau du courageux et charismatique Loup Blanc.

Aller plus loin

Développé CD PROJEKT RED et édité par CD PROJEKT RED et 1-C SoftClub

Disponible sur plateformes PC et Mac

Jeu solo

En vente sur Steam et sur Instant Gaming (selon les stocks disponibles)

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