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Cinéma Culture

The Happy Prince, 1er film de Rupert Everett qui signe sa résurrection

Par Teddy · 18 décembre 2018 · Aucun commentaire

Rupert Everett |Copyright Wilhelm Moser

Ecrit par Teddy

Comédien reconnu, nous n’avions plus beaucoup de nouvelle de Rupert Everett. Après deux ans de silence et une dizaine d’années de gestation, Rupert Everett livre The Happy Prince, un premier film aussi intéressant que sensible.

Rupert Evrett et moi-même à l’avant-première de « The Happy Prince », où il est venu fait un débat avec les spectateurs.

Rupert Everett, c’est une ascension fulgurante dans les années 80/90. Si l’acteur rame quelque peu au départ de sa carrière, il est remarqué dans le « Another Country : Histoire d’une trahison » de Marek Kanievska en 1984, où l’acteur incarnait alors un élève homosexuel. Et si l’acteur avec un tel rôle sort du lot, c’est aussi ce qui cassera sa carrière des années plus tard, quand ce dernier révélera son homosexualité. Bien souvent cantonné à des films bas de gamme, ou encore a des rôles qui ne se définiront plus que par leur homosexualité, l’acteur au milieu des années 2000, finit par peu à peu s’effacer des écrans. Et c’est à cette même époque, qu’il commence à nourrir des envies de réalisation.

Un sujet et un poète maudit, qui tenait très à cœur à son réalisateur

|Copyright Wilhelm Moser

« The Happy Prince« , est le premier film que Rupert Everett réalise. Il lui aura fallu une bonne dizaine d’années, pour réussir à monter ce film. Débarquant là où on ne l’attendait pas, tenant aussi le premier rôle de son film, avec « The Happy Prince« , Rupert Everett s’attaque à la fin de vie du poète maudit, Oscar Wilde. Traitant de sujets forts, livrant un film d’époque impressionnant, offrant une composition bluffante, ce premier film est aussi intéressant historiquement parlant, qu’il est bon, touchant et engagé. On suit les dernières années de vie d’Oscar Wilde avec intérêt et émotion.
Si Rupert Everett fut révélé dans le rôle d’un homosexuel et si il fut détruit en se révélant, en réalisant un film sur l’une des figures homosexuel incontournable de la culture anglaise, Rupert Everett renaît de ses cendres, et l’on découvre par la même occasion, la naissance d’un réalisateur sur qui l’on pourrait compter à l’avenir.

 

A la fin du XIXe siècle, Oscar Wilde est l’un des hommes les plus influents de son époque. Intelligent, il est porté au sommet par l’élite de la société londonienne et pourtant le poète va tomber du haut de sa chaise. Affichant bien trop son homosexualité, il est condamné pour « grave immoralité » et il va être envoyé en prison pour deux ans, puis exilé. Wilde part en France, dès lors, ruiné, déshonoré, abandonné par presque tous ses amis. Wilde ne le sait pas encore, mais il ne lui reste plus que trois années de vie.

« The happy Prince », impressionnant dans sa reconstruction,  son jeu d’acteurs ou encore son message

Rupert Everett |Copyright Wilhelm Moser

Des films sur Oscar Wilde, le cinéma en a produit quelques-uns, avec pour petit point d’orgue, celui de Brian Gilbert, tiré « Oscar Wilde » et sorti en 1997. Il faut dire qu’Oscar Wilde eu un parcours tout à fait cinématographique. Un parcours qui a de quoi intéresser plus d’un cinéaste, producteur ou autres acteurs, tant chaque partie de sa vie peut faire un film. Mais sur tous les réalisateurs qui ont approché de près ou de loin la vie d’Oscar Wilde, jamais, peut être, ils n’auront été plus légitimes et investis que Rupert Everett. Car oui, avant même d’évoquer cet excellent film que Rupert Everett vient de mettre en scène, quand on regarde la vie des deux hommes, il y a de quoi faire des parallèles. Il était alors logique que Rupert Everett, l’acteur, devienne le réalisateur en racontant l’exile injustifiable d’Oscar Wilde.

Colin Firth. |Copyright Wilhelm Moser

« The Happy Prince« , c’est un film qui respire dès ses premières scènes l’engagement. Rupert Everett y a mis toutes ses tripes pour nous offrir un drame prenant qui saura se faire aussi divertissant qu’instructif ou bien évidemment bouleversant. Doté d’une mise en scène superbe, qui fait de très beaux allers-retours entre passé, présent, et futur, Rupert Everett s’attaque au poète anglais de la plus belle des façons.
Optant pour un ton dur et en même temps lumineux, le réalisateur va peu à peu nous entraîner dans la tragédie de la fin de vie, de celui qu’on appelle le poète maudit. Intelligemment écrit et romancé, Rupert Everett, qui impressionne sous les traits d’Oscar Wilde, abordera l’impuissance et l’injustice de l’exil. Il abordera magnifiquement la condition de ces hommes homosexuels à cette époque. En final, il abordera la confusion et toute la complexité de l’homosexualité de son personnage. Le réalisateur et l’acteur arrivent parfaitement à faire passer les regrets et les remords de Wilde, tout en les entrechoquant à cette envie de vivre pleinement un amour. Un amour qui est toujours rattrapé par le passé. On notera que Rupert Everett va tout faire pour que son film ne bascule pas dans le misérabilisme ou le larmoyant gratuit.

Une histoire d’une grande tristesse, tenu par un casting impeccable et international

Colin Morgan, Rupert Everett |Copyright Wilhelm Moser

L’histoire est ô combien difficile. Le ton se joue monocorde. Si émotion il y a, ce sera grâce à la finesse du jeu de Rupert Everett et dees autres acteurs. Acteurs qui sont d’ailleurs des proches d’Everett, on retrouvera ainsi les fidèles de toujours, Colin Firth, Tom Wilkinson, sa pote Béatrice Dalle et Emily Waston. À noter aussi les présences des jeunes Edwind Thomas et Colin Morgan, pour des rôles intéressants. Tout comme il faut noter aussi l’importance du casting français, l’excellent André Penvern, ou encore le jeune Benjamin Voisin. Enfin, une dernière note en forme de mention, pour un étonnant Rupert Everett (encore lui) qui tient une très grande partie du film dans un Français, quasi-parfait.

Colin Firth. Rupert Everett. Edwin Thomas. |Copyright Wilhelm Moser

Excellent film, drame shakespearien par excellence, une magnifique reconstitution, tenue par des acteurs excellents, Rupert Everett livre un premier film superbe. Un premier film complexe et riche qui intéresse autant qu’il sait émouvoir. Un premier film important dans son message, dans son regard aussi bien sur le poète que sur la tolérance en général. Bref, le premier film d’un excellent réalisateur pour d’autres futurs films. On espère revoir Rupert Everett, devant et derrière la caméra au plus vite.

En savoir plus

The Happy Prince, en salles le 19 décembre.

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