Cinéma Culture

Norway of Life, une vie en Enfer

Par Wanda · 2 novembre 2018 · Aucun commentaire

Ecrit par Wanda

Imaginez un monde où mourir serait devenu impossible. C’est le cas dans Norway of life, aussi connu sous le titre de l’homme gênant (The Bothersome Man), film sorti en 2006 par le réalisateur norvégien Jens Lien. On y suit Andréas, le fameux gêneur, enfermé dans un monde dystopique, en quête de réponses, mais surtout de sensations.

« C’est quoi ça? Un canapé pour doigt?! » Source : « Norway of Life » de Jens Lien.

Tout commence par un voyage en bus, puis en voiture, qui le conduit vers sa (nouvelle?) vie. On lui présente son travail, ses collègues, son appartement. Andréas, interprété par Trond Fausa Aurvag, a dès lors tout ce qu’il faut pour être heureux. Tout ? Absolument pas. La vie se résumerait-elle à de simples choses matérielles ? Que manque-t-il à Andréas ? Pourquoi est-il le seul à errer parmi les autres en affichant son regard hagard en permanence ? Et pourquoi les autres semblent-ils constamment sous tranquillisants, souriant béatement, pour ne pas dire bêtement, à la vue du moindre catalogue Ikéa ?

Seul au monde

Un secret sponsorisé par EdF. Source : « Norway of Life » de Jens Lien.

Norway of life est un film qui oscille entre fantastique et horreur, mais qui sans la moindre hésitation s’épanche dans le surréalisme. Jens Lien ne nous donne pas de réponse sur les absurdités du quotidien d’Andréas, il laisse volontairement libre cours à notre imagination. On est tiraillé entre le rire devant certaines situations complètement loufoques, et le malaise insufflé par l’ambiance terne et déprimante de cette vie quotidienne que subit Andréas. Une vie démunie de toute sensation, de toute émotion. Lui seul semble pourtant en pâtir. Mais est-il vraiment le seul ? Il y a cet autre, qui garde un lumineux secret, à l’abri dans un écrin d’ampoules aux reflets dorés.

« Je te trompe et j’en aime une autre » « Oups, j’ai pété! Hihihi! » Source : « Norway of Life » de Jens Lien.

Les personnages gravitant autour d’Andréas sont tous lisses à souhait, dépourvus de la moindre émotion. Un homme s’empale sur une grille, et personne n’y prête attention. Et ce monde morose et aseptisé l’est d’autant plus grâce aux longs travelling, aux plans larges et aux couleurs pâles et grises utilisés par Jens Lien. Le réalisateur l’assume complètement en évoquant notamment Roy Andersson comme source d’inspiration. Ce dernier s’est fait connaître en tant que publicitaire, grâce à son humour noir et ses plans fixes.

Pas de bras, pas de chocolat

Nettoyer, balayer, astiquer… Source : « Norway of Life » de Jens Lien.

Mais revenons à Andréas et ses moutons. Est-il au purgatoire ? En enfer ? Dans un univers parallèle ? Lui est-il possible d’atteindre cet autre monde rempli de saveurs qui semble si proche et si loin à la fois ? Une chose est sûre, le bonheur lui est interdit. Peu de véhicules dans les rues mises à part les voitures de « gardes », appelons-les comme ça. On ne sait pas qui ils sont, mais ils veillent à ne pas laisser de taches sur le bitume (ça fait pas propre, un homme qui s’empale comme ça en pleine rue…), ou à emmener Andréas quand celui-ci fait des bêtises. Et des bêtises, il en fait, plein. Et c’est ce qui emmène le film du cinéma surréaliste, puis fantastique, et enfin carrément d’horreur. Mais pas sous le signe d’un Saw ou d’un La Nonne, car même si on y voit des choses peu ragoutantes, elles le sont de manière tellement absurdes qu’elles prêtent à rire. Mais d’un rire jaune. Presque par pitié.

Le champion du monde de cache-cache. Source : « Norway of Life » de Jens Lien.

Enfin, même si Jens Lien utilise de grosses ficelles pour servir son propos, il nous met manifestement en garde contre un mode de vie basé sur les apparences et le mercantilisme. Un monde rempli de rires d’enfants, d’odeurs de tarte aux pommes (bon si vous n’aimez pas les pommes, on a qu’à dire d’odeurs de tarte au chocolat), du bruit des vagues sur le sable, de plaisirs simples, finalement, n’est-ce pas ça le paradis ? Ou bien était-ce réellement ça, le véritable enfer, pour Andréas, ne jamais pouvoir l’atteindre, son fichu paradis… Quoiqu’il en soit, Norway of life n’apportera jamais de réponse définitive puisque ce n’est pas le but de la manœuvre, mais mérite d’être vu, ne serait-ce que pour son originalité. Et une chose est sûre, après l’avoir vu, vous ne feuilletterez plus les catalogues Ikéa de la même manière.

Aller plus loin

Norway of life, disponible chez Amazon

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