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Cinéma Culture

[Les nouveaux Western] Cycle 1 : Hostiles

Par Marie · 16 mai 2018 · Aucun commentaire

Ecrit par Marie

Le Western n’est pas mort ! Si certains d’entre vous associent encore ce genre à l’harmonica lancinant d’Ennio Moriconne, au regard de braise de Clint Eastwood ou encore aux reliefs arides de Monument Valley, il est temps de chausser vos bottes et de découvrir la nouvelle génération des aventuriers du Grand Ouest Américain.

Je vous propose, au cours des prochaines semaines, de sortir vos revolvers, d’enfourcher vos montures et de venir découvrir des pépites qui renouvellent et actualisent le Western.

Hostiles : plus sombre et plus poussé

Réalisé par Scott Cooper, avec Christian Bale, Rosamund Pike et Wes Studi.

Hostiles est le dernier western en date. Sous ses airs classiques (des indiens, l’armée, une femme en détresse et de grands espaces), ce film détourne tous les éléments constructeurs du mythe de la Conquête de L’Ouest pour mieux en explorer les zones d’ombres et les fractures.

Fantômes des Guerres Indiennes

En 1892, les Guerres Indiennes touchent à leur terme. L’un de ses héros, le Capitaine Joseph Blocker (Christian Bale) s’apprête à prendre sa retraite. Personnage peu loquace et énigmatique (il passe ses veillées à lire la Guerre des Gaules en Latin), il a combattu les Sioux à Wounded Knee, livré batailles aux quatre coins du continent et termine sa carrière dans un fort du Nouveau Mexique en poursuivant les indiens échappés de leur réserve. Alors qu’il se prépare à un retour à la vie civile, sans réelle perspective, son supérieur lui ordonne d’accompagner le Chef Cheyenne Yellow Hawk (Wes Studi), emprisonné depuis des années et atteint d’un cancer, pour mourir sur les terres de ses ancêtres, dans le lointain Montana.

Refusant tout d’abord de rendre cet ultime faveur à celui qui fut jadis son ennemi mortel et qui tua tant de ses camarades, le capitaine est contraint de se préparer à la longue traversée du continent. L’accompagne une colonne de soldats, anciens camarades de guerre et jeunes recrues, et quatre membres de la famille de Yellow Hawk.

Un héro, criminel et victime

“The essential American soul is hard, isolate, stoic, and a killer. It has never yet melted.”

Dh. Lawrence, Studies in Classic American Literature

C’est par cette phrase, de l’auteur anglais D.H Lawrence, que débute le film. Elle semble annoncer ce que l’on découvre, quelques scènes plus loin, du Captaine Joseph Blocker, ce héros des guerres indienne qui traque sans pitié les derniers indiens qui refusent de se plier à la loi de l’homme blanc et s’échappent des réserves où ils sont parqués.

Le visage mangé par une épaisse moustache, la peau tannée par le soleil, Joseph jette à peine un regard à l’homme qu’il traine derrière son cheval pour le ramener au fort où il sera emprisonné. Pour lui, un bon indien est un indien mort… Le capitaine n’est cependant pas un fanatique et derrière le portrait du bourreau qui massacra des tribunes entières se dessine un homme rongé par les morts dont il a été le témoin, sinon l’auteur. S’il n’arrive pas à pardonner à ses ennemis la mort de ses camarades – scalpés, éventrés, torturés – il semble également peiner à porter le poids des femmes et enfants massacrés de ses mains, et sur ses ordres.

Loin des figures manichéennes du Cow-Boy protecteur des natifs ou du tueur de peau rouges sans remords, Hostiles nous offre un regard nouveau sur l’ambiguïté et l’ambivalence d’une conquête qui sacrifie autant les colons que ceux qu’ils colonisent.

Le coté obscur des stéréotypes classiques du Western

Hostiles propose une galerie limitée mais complexe de personnages. Si les grandes figures du western sont présentées, elles gagnent en profondeur et reconstruisent les stéréotypes. Les indiens sont bien sûr au centre de ce film, et pourtant ne sont abordés qu’en filigrane. Ainsi, L’image du féroce sauvage, si chère aux westerns classiques et mythe fondateur de la difficile conquête du pays, n’est ici directement montrée que dans la scène initiale du film. Ce n’est ensuite qu’à travers le regard hanté des soldats qui se remémorent les morts de leurs amis que le film nous amène à comprendre la violence inouïe des guerres indiennes.

La glorieuse conquête de l’ouest n’est ici qu’un traumatisme presque vain : une ferme perdue dans les plaines détruite en quelques minutes par les indiens et le feu, un criminel aussi coupable que ceux qui se prétendent le juger, des soldats hantés par leurs crimes, ceux d’une guerre qui s’achève sans que quiconque y trouve aucun soulagement. Le tout au cœur de paysages magnifiques, au milieu desquels la colonne de soldats semble se perdre, comme dépassée par les étendues qu’elle parcourt.

Rosamund Pike : femme de l’ouest

Si l´essentiel de la troupe commandée par Blocker est majoritairement masculine (deux femmes indiennes , fille et belle fille de Yellow Hawk, restent au second plan), LE personnage féminin du film crève l’écran, tant par la place qu’elle occupe que par le jeu sans faute de la comédienne qui l’incarne. Rosmund Pike est Rosalee Quaid, une pionnière dont la ferme vient d’être attaquée par des Comanches et la famille entièrement massacrée. Se joignant à la colonne de Blocker, elle est celle par qui arrive un espoir de réconciliation. Premier trait d’union entre Bloker et Yellow Hawk, tour à tour fébrile, presque folle et soudainement déterminée, violente ou empathique.

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