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Le goût des merveilles : envie d’un peu de douceur ? Laissez-vous charmer, par cette fantaisie très émouvante

Par Teddy · 22 juin 2018 · Aucun commentaire

Ecrit par Teddy

Le goût des merveilles, film français d’Eric Besnard, nous conte la rencontre d’une agricultrice en difficultés et d’un homme qui se révèle vite être différent de la plupart des gens. Avec Benjamin Lavernhe et Virginie Effira, c’est une bouffée d’air frais dans le cinéma français.

Eric Besnard. Source Allociné.

Il y a quelque mois, je découvrais avec du retard “Mes héros“, une petite comédie douce et amère à la fois. “Mes héros” est le quatrième film d’Eric Besnard, petit réalisateur français qui ne fait pas de vague, mais qui pourtant séduit presque à chaque fois qu’il propose un film sur les écrans.

Entre “600 kilos d’or pur“, “Ca$h” et “Le sourire du clown“, cela fait bientôt vingt ans que le réalisateur apporte de la comédie et du bien être à notre cinéma.

“Le goût des merveilles”, le plus beau film d’Eric Besnard. Coup de cœur.

Source Allociné

Peu de monde attendait le nouveau film d’Eric Besnard et pourtant, c’est sans aucun doute qu’on peut dire que le réalisateur nous livre là son meilleur film. “Le goût des merveilles” sera une belle leçon de délicatesse aussi enchanteresse et lumineuse, qu’elle fait du bien et aère l’esprit.

Au cœur de la Provence, Louise élève seule ses deux enfants après la mort de son mari. Elle tient une exploitation de poiriers, mais a bien du mal à joindre les deux bouts. Un soir, alors qu’elle rentre chez elle, après avoir travaillé sur un marché, elle manque de reverser Pierre, un jeune homme au comportement pour moins singulier. Pierre est un homme gentil, simple, bref, et vrai et très vite, son arrivée dans la vie de Louise va changer bien des choses.

“Le goût des merveilles”, un film qui apporte particulièrement bien son nom.

Délicat, tendre, beau, plein de poésie, on peut dire que le nouveau film d’Eric Besnard porte magnifiquement son nom. Totalement inattendu, “Le goût des merveilles“, un petit film qui se déguste un peu comme ces beignets succulent qui émoustille les papilles aux moments où on ne s’y attend pas.

Virginie Efira. Source Allociné

Pour son film Eric Besnard a décidé cette fois de parler et de mélanger deux sujets emportés par deux personnages. D’un côté, on trouve Louise, femme seule, travailleuse et courageuse et de l’autre Pierre, atteint du syndrome Asperger. D’un côté, le réalisateur met en lumière les petits exploitants et les difficultés pour survivre face à un monde en perpétuel mouvement. Un monde qui change et dans lequel il faut s’adapter. On peut dire qu’il en parle de manière simple et admirable, sans forcer le trait ou tomber dans la leçon de morale et la dénonciation. De plus, on apprend plein chose et l’on sent que la recherche faite en amont pas le réalisateur pour être justesse.

De l’autre la maladie, filmée de manière différente. Alors, c’est vrai qu’exposé comme ça, on pourrait se dire que l’on se lance dans un film lourd, dont les deux sujets ont déjà été traités maintes et maintes fois et dans un sens, c’est vrai. Mais ici, le réalisateur évite avec un certain brio tout ce qui a déjà été fait sur ces sujets. C’est d’une belle manière, en évitant tout pathos, d’une manière légère et originale, qu’il nous emmène dans cette histoire.

Un scénario intelligent, plein de profondeur, audacieux et loin d’image que laisse imaginer son affiche

Le scénario est un petit bijou de tendresse qui en plus d’éviter la facilité de la comédie romantique qu’on attend en voyant l’affiche du film (affiche quelque peu mensongère), va prendre tout le temps dont il a besoin pour présenter ses personnages et parler de ses sujets.
Parcouru avec un petit humour toujours rafraîchissant, “Le goût des merveilles” est le genre de film qu’on ne voit pas passer, qui est même trop court tant on aurait aimé prolonger un peu le plaisir d’être en compagnie de ces gens. C’est un film qui nous dépayse, qui nous touche par son ton et sa justesse, par ses personnages savoureux et ses situations qui abordent la réalité de manière très simple et sincère.

Laurent Bateau. Benjamin Lavernhe. Virginie Efira. Source Allociné.

Bon nombre de films sont déjà sortis, qui abordent différentes maladies. Bien souvent, peu de ces films arrivent à vraiment bien parler de ces maladies. Les pièges de la caricature, du misérabilisme ou de l’apitoiement ne sont pas loin. Ici, le réalisateur arrive à bien saisir son personnage et c’est avec subtilité et humour qu”il nous le décrit comme différent et, à la fois, pas tant que ça. Certes, Pierre est différent, mais dans ses regards, dans ses silences et ses espoirs, ses non-dits aussi, il nous est semblable. Eric Besnard arrive parfaitement à nous le transmettre. Alors qu’il était si simple et facile de faire un film sur la différence, le réalisateur a fait un autre choix. Un choix plus judicieux et bien plus intelligent. Un choix qu’on peut même qualifier d’audacieux et très loin de toute facilité et c’est que fera un peu plus la force et la justesse de ce “Goût des merveilles“.

Benjamin Lavernhe, une magnifique découverte. Un acteur bourré de talent et charme.

Benjamin Lavernhe. Source Allociné.

Pour donner vit à ces deux personnages superbes, le réalisateur a choisit la belle et discrète Virginie Efira qui surprend dans le rôle de cette agricultrice. Un rôle fort et délicat que la comédienne tient avec beaucoup de douceur et un regard bienveillant.

En face d’elle, pour jouer Pierre, on prend plaisir à découvrir Benjamin Lavernhe. Le jeune comédien, qui est une révélation du cinéma français, pose un regard magnifique et touchant sur ce personnage et son état. Le comédien arrivera même à nous émouvoir à plusieurs reprises et au moment où l’on s’y attend le moins. On retiendra aussi, dans un excellent second rôle Hervé Pierre, sorte de père spirituel pour le personnage de Pierre.

Ce “Goût des merveilles“, c’est donc la très belle surprise de 2015. C’est un film que l’on n’attendait absolument pas et que l’on n’a par vu arriver. Il faut dire que la promotion fut assez discrète et on en ressort conquis, touché, et séduit par deux personnages d’une justesse magnifique.

“Le goût des merveilles”, c’est un instant de simplicité et de poésie dans son intrigue. Cet instant est aussi partagé avec la magnifique mise en scène d’Eric Besnard. Le réalisateur soutient ses personnages avec de très beaux plans, une ambiance lumineuse, très bien choisie, pleine de couleurs, de soleil, de nature. Le film nous ferait presque avoir la tête dans les nuages, tant le ton donné pousse à l’évasion.

Benjamin Lavernhe. Virginie Efira. Source Allociné.

Cette sensation d’évasion est accompagnée par une belle bande originale composée par Christophe Julie. C’était lui qui avait déjà composé la musique des précédents films du réalisateur de cinéma français, tout comme ceux d’Albert Dupontel.

Alors que certains films du cinéma français récoltent un succès fou qu’on a bien du mal à comprendre, d’autres, qui mériteraient bien plus de lumière, sont injustement laissés dans l’ombre et “Le goût des merveilles” mérite lui, d’être ébloui. Alors si vous chercher à l’être, laissez vous surprendre, car il en vaut largement le coup.

Aller plus loin

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