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Black Panther : enfin une modernité féminine et ethnique

Par Bertrand · 16 février 2018 · Aucun commentaire

© Marvel Studios 2018 / Walt Disney

Ecrit par Bertrand

Après 17 films réalisés dans l’univers cinématographique Marvel, Black Panther, réalisé par Ryan Coogler, nous présente enfin un film qui sort du lot. Sans porter le féminisme et la lutte anti-raciste comme un flambeau, Black Panther nous montre qu’un film Marvel peut avoir des personnages principaux noirs et féminins. Le scénario aurait certes pu être d’avantage poussé, mais sa simplicité est rafraîchissante.

Ryan Coogler

Ryan Coogler, réalisateur de Black Panther, au festival de Deauville de 2013

A 31 ans, Ryan Coogler réalise là son troisième long-métrage. Il a étudié la finance et est un sportif aguerri, consacrant son temps libre à l’étude de l’écriture scénaristique. Il a réalisé et co-écrit Fruitvale Station qui raconte l’histoire vraie d’Oscar Grant, battu à mort par des policiers aux Etats-Unis, puis Creed : l’héritage de Balboa, spin-off de la saga de Rocky Balboa. Il a enfin été approché en 2016 pour co-écrire le scénario et réaliser le film Black Panther.

Un scénario simpliste mais différent

Basé sur une comparaison de l’univers cinématographique Marvel, le scénario de Black Panther paraît assez simple. On n’y voit pas de grand projet machiavélique ou d’actions prévues 5 coups à l’avance, que ce soit du côté des méchants ou des gentils. D’ailleurs, les méchants sont méchants et les gentils sont gentils, on en revient ici à une recette un peu ancienne.

Mais ne vous y trompez pas, des originalités sont quand même notables. L’histoire se déroule en effet dans un pays imaginaire, le Wakanda. Ce pays africain est d’une grande richesse, due à l’exploitation du vibranium, un métal trouvé uniquement sur place. Face aux guerres de colonisation, le pays a décidé de mener une politique isolationniste en se cachant du reste du monde sous un dôme invisible. Nous avons donc là un film qui met en valeur un pays non démocratique, riche sans être occidental et dont la religion d’état est animiste ! Le film devient intéressant, à mon sens, rien que pour ces différences.

Chadwick Boseman est Black Panther

© Walt Disney / Marvel

Sûrement du à son réalisateur Ryan Coogler, le film exploite également une certaine intimité des personnages. Ceux-ci sont touchants, plein d’amour et de bons sentiments (le Wakanda serait-il le pays des Bisounours ?). T’Challa (Chadwick Boseman) accède au trône après la mort de son père lors de la signature des accords de Sokovie. Entouré de ses proches et des dirigeants des tribus du royaume, il aspire à être un dirigeant bon et altruiste. C’est d’ailleurs autour de ce désir que le film tourne. Et ces bons sentiments, il faut le reconnaître, font du bien. D’ailleurs, sans trop vous dévoiler le film, il ne faut pas se fier à la bande-annonce pour en appréhender l’atmosphère. Là où d’habitude, le trailer nous dévoile les trois quarts du film, l’histoire prend une tournure différente (sans être inattendue) et là où on s’attendait à un film de bourrins, il est très touchant (mais n’oublie pas quelques batailles bien sympathiques). Par contre, je n’ai toujours pas compris l’intérêt de la présence de l’agent Ross (Martin Freeman), à part peut-être pour faire le lien avec le monde extérieur au Wakanda.

Chadwick Boseman en roi moderne

Laetitia Wright est la sœur de Black Panther

©Marvel Studios 2018 / Walt Disney

La modernité du film se fait sur deux fronts : la réelle parité des genres et bien évidemment la place de l’Afrique dans le monde. Pour cette dernière, on s’y attendait bien évidemment, puisque l’histoire se déroule au Wakanda, un pays inventé situé quelque part dans le centre de l’Afrique. On y découvre un pays très riche (T’Challa, campé par Chadwick Boseman, est considéré comme le personnage le plus riche de l’univers Marvel) qui a décidé de se cacher aux yeux du monde. Il est bien plus en avance que les pays occidentaux, avec des technologies de pointe développées grâce à l’exploitation du vibranium. Le choix artistique du mélange entre les hauts immeubles et la végétation luxuriante de la capitale du Wakanda est d’ailleurs très intéressante. Le film a promis 90% d’acteurs africains ou afro-américains. Certains y sont spectaculaires comme Danai Gurira qui joue Okoye, la générale des Dora Milaje.

J’essaie de replacer ces histoires africaines dans un contexte occidental », raconte-t-elle. « Voir des personnages africains évoluer dans un cadre aussi épique que Black Panther est déjà passionnant, mais le point de vue de Ryan Coogler est très enrichissant. Le scénario du film met en scène des Africaines aux commandes d’un royaume prospère et autosuffisant, loin de toute influence extérieure. Ce lieu mythique et merveilleux s’est construit seul, forgeant sa propre modernité pour devenir le pays aux technologies les plus avancées de la planète. J’ai trouvé ça palpitant.

Danai Gurira et Lupita Nyong'o dans Black Panther

©Marvel Studios 2018 / Walt Disney

C’est là qu’on en vient à une belle surprise, la place des femmes dans ce film. Elles sont omniprésentes, ont des postes haut-placé, une intelligence hors-du-commun… Une vraie parité existe. Le Wakanda, il est vrai, est dirigé par un roi. Celui-ci n’a cependant pas obligation de se marier, et est très entouré. Sa bien-aimée, Nakia (Lupita Nyong’o), est une espionne et combattante dont la voix compte dans la direction du pays. La sœur de Black Panther, Shuri (Letitia Wright) est une jeune scientifique surdouée qui invente de puissantes technologies à base de vibranium. Le Wakanda est défendu par une armée exclusivement féminine, dirigée par Okoye (Danai Gurira) qui est aussi la confidente de T’Challa. Une mention spéciale pour les combats de cette armée, très impressionnants et chorégraphiés.

Un scénario léger, mais un film touchant et spectaculaire

Ce n’est peut-être pas le film de l’année car le scénario aurait peut-être pu aller plus loin, notamment sur la question des relations entre les africains (actuels ou d’origine) et les occidentaux, ou d’un point de vue purement geek, d’où vient le vibranium à part d’une grosse météorite. Mais son histoire touchante, les spécificités du Wakanda et le spectacle du pays inventé et des inventions à base de vibranium ne m’ont pas déçu.

Aller plus loin

Black Panther, film sorti en février 2018, réalisé par Ryan Coogler, avec Chadwick Boseman et Danai Gurira.

Actuellement en salles.

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