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Bonne nuit les petits!

Par Laura · 10 janvier 2020 · Aucun commentaire

Ecrit par Laura

« Vamos a la cama que hay que descancar, para que mañana podamos madrugar ». Parfois les comptines pour enfants sont empreintes de vérité: allons dormir pour se reposer et bien jouer! On demande souvent aux enfants d’aller dormir. Mais pourquoi? Quels en sont les bénéfices pour l’enfant? Quels risques s’il ne dort pas? C’est ce que nous allons voir!

Dormir, pourquoi faire?

Un besoin fondamental

Selon l’OMS «la santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité.»  Pour rester dans cet état de bien être complet et pour grandir harmonieusement, l’enfant doit donc avoir une bonne hygiène de vie. Un enfant a besoin d’évoluer dans un environnement qui lui apporte de la sécurité et qui répond à ses besoins fondamentaux. Virginia Henderson, chercheuse et infirmière, en décrit 14 parmi lesquels on retrouve le besoin de respirer, boire et manger ou encore dormir. Si son entourage et son environnement proche peuvent répondre à ces 14 besoins, l’enfant pourra se développer sereinement.

Le sommeil fait partie des besoins fondamentaux de l’enfant, le manque de sommeil chez un enfant (ou un chat) aura des répercussions sur sa santé physique mais également psychique. C’est l’activité la plus importante de la journée.

Le sommeil fait parti des besoins fondamentaux

Le rôle du sommeil

Le sommeil a plusieurs rôles. Il va agir sur notre corps et notre psychisme. C’est pourquoi il est indispensable.

  • Un rôle physiologique: il permet de restaurer les tissus malades et la santé.
  • Un rôle intellectuel: il permet l’organisation des informations transmises au cerveau durant la journée et sert à la mémorisation et à la résolution des tensions accumulées.
  • Dormir aide à être en pleine forme

    Un rôle sur le psychisme: Il maintient l’équilibre psychique grâce aux rêves. Le sommeil paradoxal favorise les fonctions mentales et psychiques.

  • Un rôle sur la croissance : grâce à l’hormone de croissance (STH ou hormone somatotrope sécrétée par l’hypophyse antérieure pendant le stade de sommeil profond).

Ainsi, dormir aide à la croissance de l’enfant, à être en bonne santé, se ressourcer, apprendre et mémoriser. Le sommeil est donc un élément fondamental qui va influer sur le développement global et la santé de l’enfant. Un nouveau né dort en moyenne 16h sur 24 mais cela se rapproche plus de 18/20h. Jusqu’à environ 6 mois au moins 3 siestes par jour seront nécessaires puis 2 autour de un an. Entre deux et trois ans, l’enfant ne dormira qu’à la sieste de l’après midi.

Le petit train du sommeil

Le sommeil comprend trois temps: l’endormissement, le sommeil en lui-même avec ses différentes phases et le réveil.

L’enfant, entre 6 mois et 2 ans, dort par cycles de 70 minutes. Après l’endormissement, son train du sommeil est constitué d’une phase de sommeil léger, une phase de sommeil lent profond et une phase de sommeil paradoxal. A 3 ans, son cycle se modifie et on voit l’apparition d’un cycle en 90-120 minutes comportant une phase de sommeil léger, de sommeil lent profond et de sommeil lent très profond.

Lors de l’endormissement l’enfant se frotte les yeux, suce son pouce ou sa tétine, prend son doudou, il se couche et baille. On reconnaît les signes de fatigue dans les messages du corps. Le cerveau de l’enfant émet le message qu’il est temps d’aller dormir. Si l’enfant ne se couche pas à ce moment il devra attendre le cycle suivant. Il peut arriver qu’il s’endorme sur place, dans ce cas il faut le laisser dans cette position jusqu’à l’apparition du sommeil lent profond, 20 minutes après l’endormissement, moment où on peut le transporter dans son lit. Cette phase dure une dizaine de minutes. Chaque enfant a son propre rituel d’endormissement, de petits gestes qui l’aident à s’endormir ou le rassurent : caresser les cheveux d’une poupée, sucer sa tétine…

On parle du petit train du sommeil

Lors du sommeil léger, l’enfant peut se réveiller facilement et sans dégâts sur sa santé.

Lors du sommeil lent profond l’enfant dort profondément. On peut le manipuler sans qu’il ne se réveille. C’est la phase de récupération physique et de sécrétion de l’hormone de croissance.

Le sommeil profond est un sommeil très calme. L’enfant est dans un état proche du coma, la température de son corps diminue, les muscles sont relâchés, le rythme respiratoire et le cerveau ralentissent. L’enfant a un visage détendu et ne bouge pas. Elle dure environ 90 min chez l’enfant de plus de 2 ans.

Lors du sommeil paradoxal, le sommeil des rêves, le cerveau est en hyperactivité. Pendant cette phase de sommeil rapide, l’enfant se construit: il rêve, mémorise, classe les informations de la journée. C’est la phase de récupération psychique et de réparation de la fatigue nerveuse, elle est des plus importantes pour l’équilibre psychologique de l’enfant. Le corps est agité, la respiration irrégulière, des mimiques peuvent apparaître sur le visage de l’enfant, il peut être en sueur. C’est aussi le sommeil où peuvent apparaître les cauchemars. Chez l’enfant de plus de 2 ans cette phase dure 20 minutes environs.

L’enfant va reproduire des mouvements de succion

Entre deux cycles de sommeil, il y a une période intermédiaire de 10 minutes environ qui est une phase de disposition à l’éveil. C’est à ce moment là qu’on peut réveiller l’enfant si cela est nécessaire. Lors de cette phase, l’enfant bouge, il pousse de profonds soupirs et son tonus musculaire augmente, il entend les bruits extérieurs. Le jeune enfant va reproduire des mouvements de succion, téter son doudou ou dans le vide. Ces mouvements vont lui permettre de revivre le plaisir dans un fantasme de retour au sein de sa mère, le sein nourricier.

L’enfant va s’endormir et se réveiller petit à petit afin de ne pas subir de trop vives coupures entre l’éveil et ses phases de sommeil profond.

Comment bien dormir ?

« Au moment de s’endormir un enfant a besoin de se sentir apaisé, aimé, protégé et sécurisé. » 

DARCHIS Elisabeth

Au bon endroit

Conditions matérielles: Un environnement calme et sécurisant va favoriser l’endormissement et le sommeil des enfants. Généralement, les enfants sont couchés dans une pièce séparée de la salle de jeux, dans la pénombre, avec une température comprise entre 18 et 20°C.

Les bruits ambiants doivent être réduits au maximum et il vaut mieux qu’il n’y ait pas trop d’adultes autour des enfants à ce moment là. En effet, «trop de présence peut les stimuler et retarder le sommeil».

Les rituels d’endormissement

Pour anticiper

Pour que les enfants se couchent tranquilles et sécurisés et ainsi s’endorment plus facilement, il est possible de les préparer à aller dormir. «Les habitudes au quotidien et les rituels vont participer à améliorer les nuits et la sécurité de l’endormissement» nous dit Elisabeth Darcis. Grâce aux rituels les enfants vont avoir des repères et pouvoir se situer dans le temps en anticipant le moment qui va suivre. Ils vont alors avoir le sentiment de maîtriser la situation car ils peuvent prédire ce qui va se passer ensuite. Le rituel va préparer les enfants à s’endormir, leur rappelant le plaisir qu’ils y trouvent, et va adoucir la séparation.

Le rituel précédant la sieste est fait tous les jours et il est préférable qu’il soit le même à chaque fois afin de garder une cohérence. Le cerveau de l’enfant va enregistrer ce rituel comme étant le précurseur du sommeil. Ainsi, quand il le reconnaîtra il enclenchera l’endormissement de l’enfant. Celui-ci mettra alors en place son propre rituel: prendre son doudou, sucer son pouce…  La mise en place d’un rituel va également permettre d’organiser les moments de transition et ainsi de réduire l’agitation des enfants.

Chacun le sien

Chaque enfant va avoir son propre rituel d’endormissement, il faudra donc apprendre à les connaître et tâtonner pour trouver la méthode la plus efficace pour apporter un sommeil harmonieux et des rêves. Certains enfants vont avoir besoin d’être bercés, maintenus ou de sentir la présence de l’adulte à coté d’eux pour s’endormir. D’autres vont avoir besoin de se défouler un peu avant de pouvoir passer à une phase de calme.

Le doudou pour se rassurer, pour être en relation

La lecture d’histoire ou des comptines vont permettre un retour au calme et les retrouvailles avec de bonnes sensations d’enveloppement permettant d’entrer dans le sommeil. De plus, cela va donner aux enfants des images ou des pensées qui vont les rassurer, leur donner un sentiment de sécurité et les apaiser afin de vivre la séparation plus facilement et s’endormir tranquillement.

Certains enfants s’endormiront ou se réveilleront mieux avec une musique calme ou un mobile. D’autres auront besoin de pleurer avant de s’endormir afin de relâcher la pression et la tension des heures précédentes passées à jouer, apprendre et découvrir.

L’auto apaisement de l’enfant

Lorsqu’il s’endort, un bébé va vouloir retrouver les sensations qu’il avait pendant la grossesse dans la poche utérine de sa mère et qui le rassuraient. Ces sensations d’enveloppement vont favoriser son sommeil en l’apaisant. Il va avoir l’impression de s’endormir contre sa mère et va reproduire des mouvements de succions (avec tétine ou dans le vide), vivant une expérience émotionnelle forte.

Si l’enfant a alors confiance en lui et en ses parents, en leur disponibilité il sera «secure». Un enfant « secure » sera capable de retrouver seul ses sentiments de satisfaction et de les reproduire pour trouver le sommeil. Il va apprendre à s’auto apaiser pour s’endormir seul. C’est pourquoi il faut faire attention à ce que l’adulte ne l’accompagne pas toujours afin de laisser l’enfant s’autonomiser.

Le doudou

Le doudou permet à l’enfant de retrouver l’espace transitionnel décrit par Winnicott qui lui permet de retrouver la présence de ses parents. Le doudou peut prendre diverses formes : peluche, chansons, tissu, objet… l’important n’est pas le doudou en lui-même mais ce qu’il représente et la façon dont l’enfant va s’en servir. Le doudou va permettre à l’enfant d’entrer en relation avec l’autre.

En effet, si le pouce représente le corps de l’enfant et le plaisir oral, le doudou va permettre la séparation d’avec ce corps et l’entrée dans la relation objectale vraie. Il va alors y avoir la présence de l’autre et de la réalité.

Les phénomènes transitionnels vont permettre à la personne de se construire et de passer de l’omnipotence subjective à la réalité objective. Cela permet la relation. Le doudou va donner à l’enfant le sentiment de présence dont il a besoin et faciliter la séparation et l’endormissement. Il prend la place de la mère pour prolonger le contact physique: il caresse la joue, le visage, la bouche. Première possession de l’enfant, il lui sert également de repère, étant présent quand celui-ci change de lieux.

Le doudou pour se rassurer, pour être en relation

le réveil

Durant le sommeil: Il est important de respecter le sommeil de l’enfant, ne pas le réveiller, le déplacer pendant ses phases de sommeil léger, ni le stimuler.

Pour le réveil: Il est préférable de laisser l’enfant se réveiller progressivement en sollicitant ses sens. On peut jouer par exemple sur les bruits ambiants ou la lumière qui va bloquer la sécrétion de la mélatonine (l’hormone qui indique l’heure au cerveau).

A chacun son réveil

Laisser un peu l’enfant dans son lit va lui permettre de s’étirer, bailler, jouer avec son doudou, ses mains avant de se lever lorsqu’il en sentira le besoin. Certains traineront un peu tandis que d’autres se lèveront tout de suite, d’autres encore se rendormiront.

Au lever de sieste certains enfants aiment raconter leurs rêves. Ce sont des «moments importants concernant les constructions imaginaires et l’expression de leur vie psychique profonde.». Je pense que cela peut être également un moment important d’échanges avec les adultes.

« On ne réveille pas un bébé qui dort »?

On entend souvent cette phrase dans le domaine de la petite enfance, pourtant il faut prendre en compte tous les éléments de la vie de l’enfant avant d’arriver à cette conclusion.

En effet, l’enfant évolue dans un environnement (famille, crèche,..) et ses besoins vont être dépendants de ceux de cet environnement. Ainsi, au quotidien, beaucoup d’enfants seront réveillés pendant leur sieste: ainés à aller chercher à l’école, agitation d’autres enfants,… Attention donc à ne pas amener les parents à culpabiliser lorsqu’ils réveillent leur enfant.

S’il est parfois nécessaire de réveiller un enfant qui dort, il est possible d’adoucir ce réveil en repérant le passage entre deux cycle de sommeil de l’enfant ou en le réveillant doucement en sollicitant ses sens.

Les troubles du sommeil

Les troubles

  • Les troubles ou les difficultés de sommeil ou d’endormissement sont présents chez 20 à 30% des jeunes enfants: soit pas assez, soit trop de sommeil ou encore un sommeil haché.
  • Les troubles du sommeil sont multiples: pipi au lit, terreur nocturne, somnambulisme, insomnies, apnée du sommeil, narcolepsie, somnolence…
  • Un trouble du sommeil s’installe progressivement à la suite de plusieurs facteurs et est révélateur d’un état de tension interne, que ce soit somatique ou psychosomatique. Pour découvrir la cause de ces troubles il faut observer l’enfant lorsqu’il est éveillé.

Troubles somatiques

Le trouble de sommeil peut être du à des conditions physiques qui peuvent être résolues facilement: si l’enfant a faim ou soif par exemple. Avant de s’interroger sur l’aspect psychologique d’un trouble, il faut se demander si le trouble n’est pas d’ordre somatique et lié au corps de l’enfant. En effet, les enfants peuvent avoir des reflux gastro-œsophagiens qui vont entrainer des brûlures d’estomac, l’enfant va alors pleurer et aura du mal à dormir.

Le trouble du sommeil peut également venir d’une maladie (angine ou otite par exemple). L’enfant va avoir du mal à s’endormir, ne va plus vouloir manger, ou peu, et va être grognon. Les signes de la maladie (fièvre, éruption cutanée,…) apparaitront ensuite et la cause des troubles pourra être identifiée.

Troubles psychosomatiques

Les troubles de sommeil peuvent venir de conditions psychologiques: événement important, angoisses, peur, solitude, peur du silence, peur du noir… Un repos de mauvaise qualité avec une difficulté à s’endormir peut être en rapport avec une situation familiale difficile ou des parents angoissés.

Le sommeil du petit est rapidement influencé par les habitudes parentales ou les atmosphères que ce soit l’atmosphère familiale ou celle de la structure d’accueil. L’enfant ressent les angoisses, les tensions mais ne peut pas les interpréter et va les accumuler. Ces tensions vont ressortir au moment de l’endormissement et il aura du mal à dormir. Les expériences positives du vécu des jeunes enfants lui permettent un bon sommeil. La perte de ces états positifs peut être vécue comme un équivalent de mort et doit être gérée. Si ces vécus angoissants ne sont pas repris, ils pourront être à l’origine d’angoisses de séparation et de troubles du sommeil.

L’insomnie

L’insomnie est une perturbation du sommeil de l’enfant, que ce soit dans sa durée ou dans sa qualité. L’enfant insomniaque va avoir un sommeil haché et n’arrivera pas à récupérer totalement de la fatigue de se journée.

  • Insomnie à l’endormissement : L’enfant ne va pas s’endormir quand on va le mettre au lit, il peut mettre longtemps à le faire surtout s’il ressent de l’appréhension ou qu’il lutte contre le sommeil. Il sera alors fatigué dès son réveil. Pour lutter contre ce type d’insomnie, on va travailler sur les inquiétudes de l’enfant.
  • Insomnie en milieu de nuit : l’enfant n’a pas de mal à s’endormir mais va se réveiller en plein milieu de la sieste sans parvenir à se rendormir. Certains enfants iront alors chercher l’attention des adultes tandis que d’autres resteront dans leur lit, l’insomnie devenant alors plus difficile à détecter.

Hypersomnie

Certains enfants, à l’inverse, vont dépasser les temps classiques de sommeil. Ils peuvent se réfugier dans le sommeil pour fuir l’autre, l’excès de sommeil va alors être représentatif d’un trouble relationnel. L’enfant est difficile à réveiller, tourné vers lui même et ce refuge dans le sommeil peut entraver ses apprentissages et son développement.

S’endormir, c’est se séparer

Le moment de l’endormissement ; que ce soit à la sieste ou le soir est un moment de séparation de l’enfant avec ses parents. Un bébé qui n’est pas «secure» mais dans un attachement «angoisse ambivalent» ne sait pas si ses parents vont être disponibles et présents à son réveil. Il ressent de grandes angoisses face à la séparation et donc au moment du coucher. Ces angoisses vont avoir des répercussions sur la qualité de son endormissement et de son sommeil.

Ne pas dormir pour s’opposer

Certains enfants vont lutter contre le sommeil pour exprimer leur opposition à l’adulte et tester ses limites. Ils refusent d’aller au lit, veulent décider seuls de leur rythme et tout contrôler. Cadrés et rassurés par les adultes ils pourront accepter de perdre cette toute puissance et de lâcher prise pour s’endormir.

La peur du noir

Une veilleuse contre la peur du noir

Des veilleuses sont parfois utilisées afin de ne pas laisser le bébé totalement dans le noir. La peur du noir chez l’enfant n’apparaît généralement qu’après 1 an et il demande seul la veilleuse ou la porte entre ouverte à partir de 2 ans. A ce moment là, la peur du noir peut être source d’angoisse pour certains.

Avant cet âge, le noir prolonge l’ambiance utérine où les yeux du bébé étaient souvent fermés. Le noir lui rappelle alors la cavité maternelle sans lumière qui le reposait pendant son sommeil.

L’énurésie nocturne

Aussi appelé le «pipi au lit» c’est une fuite urinaire isolée ou répétée de l’enfant pendant son sommeil, alors que celui-ci est «propre» depuis au moins 6 mois. Elle peut être la cause d’un trouble psychologique de l’enfant, d’un stress ou d’une régression en lien avec son histoire familiale.

Pour en «guérir» l’enfant va avoir besoin d’en parler sereinement, chercher les potentielles causes, les changements qui ont pu avoir lieu dans son quotidien: arrivée d’un nouveau-né, climat familial tendu,… Elle peut également provenir de facteurs physiques: maturation de la vessie incomplète,…

Cauchemars

Qui a peur du « Gros Chemar »?

Ils se produisent pendant le sommeil paradoxal de l’enfant et sont la manifestation des angoisses, des peurs de l’enfant. Selon Lyliane Nemet-Pier, psychologue clinicienne, «le cauchemar met en scène l’angoisse fondamentale enfantine de séparation, de destruction. […] Le cauchemar permet à l’enfant d’exprimer ses peurs tout au long de son développement». Ils peuvent apparaître à tout moment et plus encore dans des périodes stressantes, déstabilisantes pour l’enfant (arrivée d’un nouvel enfant, nouveau lieu,…) comme le note Brett R. Kuhn, professeur de pédiatrie, dans « Mode d’emploi de mon enfant ».

D’autres troubles peuvent apparaitre lorsque l’enfant grandit mais surviennent parfois plus tôt: terreur nocturne, somnambulisme,…

Causes liées à l’environnement

Des conditions matérielles non-adaptées peuvent empêcher l’enfant de bien dormir: bruits, température trop élevée ou trop basse, noir, oubli du doudou,… Les problèmes de sommeil peuvent également provenir de mauvaises conditions d’endormissement: rythme biologique non respecté, changement de rythme dû au changement d’heure, sieste imposée, excitation avant le coucher, impasse sur un rituel…

Leurs conséquences

Hyperactivité

Un enfant qui ne dort pas peut être hyperactif. Certains enfants vont s’agiter pour lutter contre le sommeil, compenser leur épuisement ou l’angoisse que génère chez eux le moment de l’endormissement. Ils ne veulent pas céder au sommeil et vont y résister en criant, courant, escaladant,…se mettant parfois en danger. Ils risquent de s’effondrer ensuite de fatigue, s’endormant dans un endroit qui les rassure et où ils trouvent la présence rassurante d’un adulte.

Manque de concentration

L’enfant qui manque de sommeil va avoir du mal à se concentrer sur quelque chose. Il va avoir tendance à rêver, le regard dans le vide et l’air absent. Il n’arrivera pas à se fixer sur un objet et va parfois subir des régressions: jouer avec des jeux destinés à des plus petits que lui par exemple. Il aura du mal à s’intéresser à ce qui se passe à coté de lui et à aller vers les autres, à partager leurs activités ou leurs jeux. L’enfant sera fatigué et ne voudra pas faire certaines activités, notamment physiques. Il ne voudra pas marcher, sortir, et aura tendance à s’endormir à n’importe quel endroit ou moment.

Irritabilité

Un enfant qui ne dort pas devient irritable

Un enfant qui ne dort pas sera souvent grognon. Il va pleurer plus facilement, s’énerver, refuser qu’on l’approche ou qu’on lui fasse des remarques, ne va pas accepter la frustration et va s’en prendre aux autres, tout l’énervant. Il ressent de la fatigue et n’arrive pas à résoudre les tensions qu’il accumule, il sera donc plus vulnérable.

Ainsi, un signe d’inquiétude peut être un changement dans le comportement de l’enfant : un enfant calme qui devient irritable, qui fait des colères sans raisons, qui ne supporte plus la moindre frustration ou un enfant qui va devenir plus agité ou à l’inverse s’endormir n’importe où sera en manque de fatigue.

La dette de sommeil

Elle peut devenir irrécupérable si trop de fatigue s’accumule. Un enfant qui ne dort pas n’a pas ses phases de récupération et de sécrétion d’hormones. Il peut alors présenter des retards de croissance, résister moins facilement aux infections, être fragile émotionnellement et physiquement, avoir des hallucination, une obésité, une baisse de performance (retard, développement, scolaire….), …

Surveiller mais sans trop s’inquiéter

Si les problèmes de sommeil d’un enfant persistent, des moyens médicaux, des consultations ( PMI, pédiatre,…) et une cure de sommeil seront nécessaires. Il faut cependant rassurer les parents afin qu’ils ne s’inquiètent pas trop vite. En effet, certains parents peuvent culpabiliser et s’inquiéter de troubles de sommeil parfois minimes.

Souvent ces inquiétudes viennent des à priori et des «on dit» sur le sommeil relayés par les médias ou par l’entourage. Un trouble devient inquiétant s’il est important et qu’il revient fréquemment. Si le trouble prend des proportions importantes, qu’il ne cesse pas avec le temps ou avec l’intervention des adultes, la consultation d’un professionnel sera nécessaire.

Mais ne vous inquiétez pas trop vite et dormez!

Et faites de beaux rêves…

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