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La nuit, tous les jeux sont Gris

Par Wanda · 16 août 2019 · Aucun commentaire

Ecrit par Wanda

Imaginez un monde qui ressemblerait à une aquarelle de Kandinsky, une sensation de flotter en permanence, de sentir une douce brise dans vos cheveux et d’être bercé par des sons mélodieux… C’est ce que propose Gris, un jeu vidéo sorti le 13 décembre 2018. Un jeu qui ne doit surtout par rester inaperçu tant il est parfait.

Un des nombreux artworks offert par l’artiste

Gris est la preuve irréfutable que le jeu vidéo peut s’élever au rang d’art à part entière. Finir le jeu n’est plus un but en soi, il s’agit d’apprécier ce moment vidéo-ludique comme on lirait un poème ou qu’on contemplerait un tableau. Pour ma part, j’ai d’ailleurs été plutôt triste de le terminer, et m’y replonge volontiers avec délices, comme je me plongerais dans un jacuzzi, parce qu’on y est bien, Tintin (big up, Pascal Sevran). Gris, c’est aussi l’histoire de deux développeurs, Adrian Cuevas et Roger Mendoza (bien rodés, puisque issus d’Ubisoft Montréal et Square Enix) et un artiste, Conrad Roset, qui se sont rencontrés par hasard pour fonder Nomada Studio, basé à Barcelone. C’est leur tout premier jeu vidéo et c’est une vraie merveille. L’artiste, Conrad Roset, était très désireux d’expérimenter son art au service du jeu vidéo, ce qui lui a permis d’apprendre à dessiner en pensant également aux aspects très pragmatiques de l’optimisation d’un jeu.

Un jeu à l’aquarelle

Gris donne l’impression d’avoir été dessiné entièrement à la main (ce n’est qu’une impression), ce qui lui donne cet aspect de fluidité, aux antipodes de la mode du pixel art, la même sensation que de regarder des voilages de soie et de satin flotter dans des rayons de soleil couchant. C’est vous dire si c’est joli ! Ce qui est absolument remarquable, c’est qu’après 455428,5 captures d’écran, on se rend compte qu’elles feraient toutes de sublimes posters. Et quel cauchemar de devoir n’en choisir que quelques unes pour rédiger un article ! On retiendra également les jeux vidéos dont le studio s’est largement inspiré comme Ori and the Blind Forest, Journey et Inside tout en sachant brillamment tirer son épingle du jeu.

Originalité et élégance sont les maîtres mots pour Gris

De plus, le jeu vidéo Gris a été édité par Devolver Digital, qu’on connaît entre autres pour Serious Sam, Hotline Miami ou Talos Principle. Ce qu’on peut certifier, c’est que leurs jeux sont tous très originaux, très différents les uns des autres, mais surtout tous géniaux.

Beau pour les yeux, mais aussi pour les oreilles

Le chant comme instrument

Bref, vous l’aurez compris, Gris se distingue visuellement, mais pas que. Gris est servi musicalement par le groupe barcelonais Berlinist. Ils servent le récit aussi bien que les visuels. Dans un jeu qui ne comprend ni texte ni dialogue, il est très futé d‘utiliser des voix et des instruments pour servir la trame narrative. La voix a également son importance au niveau du gameplay, puisqu’elle deviendra au fur et à mesure un outil à part entière pour avancer. Dans le cas présent, la musique a été créée au fil du développement du jeu, et c’est l’artiste, Conrad Roset, qui dessinait les décors et donnait sa vision de l’ambiance à établir à tel ou tel moment aux musiciens. C’est sans doute pour cela que la musique a une réelle logique, une vraie démarche artistique, qu’on s’éloigne profondément de la musique d’autres jeux vidéos plus classiques.

Si on joue à Gris, Gris quant-à-elle joue avec nos émotions

De l’euphorie dans les couleurs…

Mis à part tous ces aspects du jeu, Gris, c’est quoi ? Pour parler de manière triviale, c’est un jeu de plateformes en 2D, d’énigmes et de puzzles. Le monde est tout gris et Gris doit lui rapporter des couleurs. Gris raconte une histoire qu’on peut interpréter à sa sauce, le jeu étant truffé de symboles en tous genres. Sachez quand même qu’il fait surgir des émotions très fortes de mélancolie teintée de très gros chagrin, ainsi que de moments d’apaisement et de joie intense proche de l’état de transe. Souvent, mon cœur s’est mis à battre la chamade et un sentiment d’euphorie m’a parcouru de tout mon être, sans que je ne puisse me l’expliquer. Il ne fait aucun doute que le syndrome de Stendhal m’a frappée, aussi sûrement que pour Bergotte et son petit pan de mur jaune.

Ou du désespoir

Enfin, n’importe qui peut jouer à Gris, qu’il soit chaste de tout rapport vidéo-ludique ou hardcore gamer. Il n’est absolument pas difficile, et peut se jouer aussi bien à la manette qu’au clavier. Gris acquiert de nouveaux pouvoirs au fil de sa progression, que je ne vais pas vous spoiler ici car on prend vraiment plaisir à les découvrir. Gris ne peut pas mourir, se laisse parfois tomber à des hauteurs impressionnantes, sait même marcher la tête à l’envers, bref, on ne rage JA-MAIS sur ce jeu vidéo. On cherche, on explore, on expérimente, mais jamais on ne se lasse. Tout est fait pour détendre et relaxer le joueur aux moments un peu “speed” de l’histoire.

Le côté irréprochable de Gris le rend indispensable

Zen, restons zen

En réalité, le seul et unique défaut du jeu, c’est qu’il est malheureusement bien trop court, et que même en prenant bien son temps, il ne dépassera pas les quatre à six heures de jeu. Par contre, une fois terminé, vous aurez accès librement à tous les niveaux, si vous souhaitez découvrir tous les secrets du jeu dans les moindres détails.

Points positifs

  • Une délicatesse et une élégance rare
  • Des graphismes somptueux
  • Une prise en main immédiate
  • Un univers sonore époustouflant au service de la narration et du gameplay

Points négatifs

  • Trop court
  • Si vous ne cherchez dans les jeux que de la difficulté permanente et des guns bourrins ou des skills de la morkitue, passez votre chemin

Aller plus loin

La page Steam de Gris

Plateformes PC, macOS et Nintendo Switch

Jeu solo

 

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