fbpx
 

Art de vivre Humour Littérature

Ça peut pas rater : de l’auto-dérision comme anti-dépresseur

Par Wanda · 20 novembre 2019 · Aucun commentaire

Ecrit par Wanda

Il y en a qui commencent à parler des fameux films de Noël, et pourquoi ne pas envisager des bouquins de Noël ? De ceux qui sont doux comme une tasse de chocolat chaud avec des petites guimauves qui flottent dessus. C’est le cas pour « Ça peut pas rater ! », de Gilles Legardinier, publié en 2014 et édité par Fleuve Éditions.

Ça faisait un moment qu’il traînait au milieu de ma pile de bouquins, et après avoir enchaîné pas mal de récits sordides, je me suis dit qu’il était temps de changer de registre avant de sombrer dans la dépression pour de bon. Et il était là, avec sa couverture carmin agrémentée d’un petit chaton blanc à l’air un peu ridicule qui me criait désespérément « lis-moi ! », et ça n’a pas raté, je l’ai lu. Quasiment d’une traite, en me demandant ce que j’étais en train de lire, justement.

Le livre qui va vous “globicher” à mort

C’est un peu le plaisir coupable, aussi réconfortant qu’un film niais parlant, la morve au nez et le regard luisant, de flocons de neige et d’amour. Oui mais voilà, il le fait de manière loufoque et drôle, et page après page s’enchaînent les situations les plus cocasses qu’on puisse imaginer. L’histoire est basique : Marie se fait larguer par son homme après une longue relation difficile, elle est furax, et décide de se venger. En fond narratif, un complot au sein de la PME dans laquelle elle travaille en compagnie de sa « besta ». Quant au fil conducteur, on aura jamais vu plus mièvre : un inconnu lui envoie des lettres d’amour anonymes, l’enquête est donc de rigueur pour démasquer le coupable qui tente de lui voler son cœur (non, ce n’est absolument pas cliché, je ne vois pas de quoi vous voulez parler).

Si le ridicule ne vous tue pas, il vous rend plus drôle

Dit comme ça, il est vrai qu’il y a de quoi se poser des questions sur l’intérêt de ce livre. Et pourtant, une fois le nez dedans, ça se dévore. La raison est simple : le talent narratif de l’auteur. Tout est du point de vue de Marie, à la première personne. Et malgré le fait que l’auteur soit un homme, il sait la rendre ni trop ni trop peu godiche pour être drôle et attachante, sans être débile, loin de là. Marie ose tout, et dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas, le pire comme le meilleur, ce qui va la mettre bien souvent dans des situations particulièrement burlesques. Mais peu importe, Marie est prête à tout. Elle voit rouge, comme la couverture de son livre. « Si la vengeance est un plat qui se mange froid, je suis surgelée », affirme-t-elle. Tout comme elle osera, avec ses collègues, mettre un plan sur pied pour sauver leur PME, quitte à finir, entre autre, coincée dans les faux plafonds des bureaux. Quand je dis godiche, disons que l’auteur a fait de son héroïne une fille très drôle, malgré tout pas toujours très débrouillarde, ce qui pourra en faire grincer certaines des dents par moments. Mais on ne lui en veut pas, sauvée par sa verve et son auto-dérision qui la rendent si sympathique.

Méfiez-vous des beignets, c’est ce que m’a enseigné “Ça peut pas rater”

L’auto-dérision, c’est son principal atout. Le roman en est truffé, à tel point qu’on ne sait plus si c’est l’auteur lui-même qui se moque de son propre récit ou Marie qui parle. La lecture en devient captivante, agréable, j’ai gloussé page après page, ne sachant plus m’arrêter. Imaginez regarder un film au goût de mièvrerie comme « Le Diable s’habille en Prada », sauf que tout du long, l’actrice se retournerait face caméra pour plaisanter avec nous sur sa propre performance.

Bécasse, la petite Marie ? Pas vraiment…

Avec le recul, je dois admettre que, dès le départ, mon histoire avec Hugues a été compliquée. Pourtant, au début, la promesse était belle. Nous avons vécu les premières pages comme un conte de fées : la rencontre, l’étincelle, les deux êtres qui sautillent au milieu des fleurs et chantent en se tenant par la main comme des niais devant des lapins qui reprennent le refrain en chœur.

Ce que j’en ai retenu : C’est un livre à mettre entre toutes les mains des gens qui viennent de se faire larguer. Mais aussi des autres. Ça remonte le moral aussi vite qu’une tartiflette ou qu’un sapin décoré de guirlandes. Le côté romantique de l’intrigue est “mignon-choupi” même si on sait dès le début qui est le fameux inconnu qui envoie des lettres, et qu’on devine sans aucun mal la fin de l’histoire, mais on y va surtout pour le style coloré et acidulé qui fait un bien fou là où ça passe.

Lire les articles précédents :
[Marilyn Monroe, en trois photographes] Cyle 1 : Milton Greene

Tous le monde connais Marilyn Monroe et cependant, il est presque certain que les images qui vous viennent immédiatement à...

Fermer