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Humain et autres animaux Animaux Art de vivre Ecologie Ethique

Vegan, flexitarien, locavore… c’est quoi tout ça ?

Par Bertrand · 28 mars 2018 · 2 commentaires

Photo by Gary Bendig on Unsplash

Ecrit par Bertrand

Thématique du mois : Humain et autres animaux

La relation entre l'être humain et les autres espèces animales continue encore d'évoluer. Quelles sont leur place dans nos lois, nos traditions, notre imaginaire, notre société ?

Aujourd’hui, de plus en plus de termes s’ajoutent à notre vocabulaire, pour désigner des façons de vivre, souvent choisies. Cette multiplication de termes traduit principalement la prise de conscience sur deux grands enjeux assez nouveaux de notre société : l’environnement et la souffrance animale.

Bien-être animal et environnement :
Des combats récents pour des maux récents

L'inquiétude végétarienne : l'environnement et le bien-être animal

Photo by Ján Jakub Naništa on Unsplash

C’est bel et bien les deux enjeux principaux qui font naître de nouvelles façons de vivre et de consommer. Parfois, ces enjeux sont mis en concurrence, mais bien souvent, lorsqu’il s’agit de choisir, on choisit les deux. Mais pourquoi autant de mots et surtout pourquoi ces mots sont-ils si récents ? Tout simplement parce que ce sont les maux qui sont récents !

La question de l’environnement ne date que de la fin du XXe siècle. Les recherches sur le sujet ont réellement abouties dans les années 50 et la première conférence sur la protection de l’environnement par les Nations Unies date de juin 1972 à Stockholm. C’est dans les années 1990 que les mentalités changent réellement pour donner notre vision actuelle de la question.

La question du droit des animaux, elle est beaucoup plus ancienne. Elle opposait Aristote, qui considérait les animaux inférieurs aux humains, à son élève Théophraste. Depuis, la question du droit des animaux, très souvent liée à celle de la souffrance animale (est-ce qu’un animal peut souffrir ?) a toujours stagné, la place des animaux défendue par quelques groupes avant de revenir au devant de la scène dans les années 80 et 90.

Qu’est-ce qui a changé au siècle dernier dans la protection de l’environnement et des animaux ?

Deux mots : industrialisation et mondialisation.

La révolution industrielle a commencé au début du XIXe siècle en Grande-Bretagne. La mondialisation, elle, est plus ancienne, mais est propulsée par la révolution industrielle, avant de subir un net frein vers la fin du XIXe siècle. C’est une guerre, la seconde guerre mondiale, qui relance les processus d’industrialisation (avec l’armement) et de mondialisation, avec la guerre elle-même. Lorsque la guerre est finie, l’Europe est ravagée et a besoin, notamment, de nourriture. Les tickets de rationnements existaient toujours au début des années 50 ! C’est là que commence l’industrialisation de l’agriculture, que ce soit l’élevage ou le maraîchage. Ce processus se répand dans le monde, se mêlant avec le commerce mondial qui voit ses denrées, y compris alimentaires, parcourir la planète pour arriver dans nos assiettes. C’est à ce moment que la nature, la vie, notre moyen de subsistance, est devenue une denrée, un produit et un sous-produit. Les champs sont devenus « rentables », les animaux « exploitables ». La chimie et les machines sont devenues les outils indispensables pour qu’agriculteurs et éleveurs vivent.

La mondialisation a également un impact énorme sur la faune sauvage

La mondialisation a également un impact énorme sur la faune sauvage
Photo by Hannes Wolf on Unsplash

Même si certains homme politiques nord-américains (notamment) ont tendance à le nier, nous sommes tous conscients de l’impact de telles pratiques sur notre environnement, que ce soit au sujet du réchauffement climatique ou de la disparition d’espèces. Concernant la protection animale, la prise de conscience globale est bien plus récente. Elle a été le sujet d’associations comme la Fondation Brigitte Bardot ou la Fondation 30 Millions d’amis depuis la fin du XXe siècle, mais c’est l’association L214 qui a mis le plus au devant de la scène la condition animale, que ce soit dans les élevages ou dans les abattoirs. Avec l’arrivée de plus de médias moins mainstream sur le net, ces fondations et associations ont pu porter une voix plus forte, montrer des images sur l’origine des produits que nous consommons. Sans compter les scandales de la vache folle ou de la viande de cheval dans de l’hachis parmentier.

Des modes de consommation de plus en plus répandus

Aujourd’hui, les modes de consommation respectueuses de valeurs environnementales et de droit des animaux sont de plus en plus répandus. Si certains ne semblent se préoccuper que de leur assiette, de plus en plus de gens ont en plus à cœur l’impact environnemental, humain et animal. Comme dit précédemment, certains débats stériles veulent prioriser ces causes. L’humain au dessus de l’animal, l’environnement avant tout, etc… C’est oublier que l’homos sapiens est une des nombreuses espèces animales qui vivent sur cette planète et qu’à ce titre, nous ne sommes pas supérieurs (merci Aristote, mais non). Ainsi, les végétariens notamment, ont de plus en plus de poids dans la société. La diminution drastique de la consommation de protéines carnées a d’ailleurs été l’un des sujets principaux de la campagne de la France Insoumise. Le droit des animaux prend de l’ampleur, au point de faire peur à certains. Cela a été le cas très récemment avec la tribune de Paul Ariès, Frédéric Denhez et Jocelyne Porcher sur Libération, « Pouquoi les végans ont tout faux« . Au delà du ridicule de leur article qui oublie totalement que c’est de la souffrance animale dont il est question, Il est de très bonne augure de voir que ce sujet commence à faire peur. Il est alors considéré, et de nombreuses réponses ont pu être écrites à cette tribune, notamment celle de Mr Mondialisation, « Les végans ont tout faux ? Notre réponse à Libération !« .

Que sont ces termes ?

Je vais ici vous faire une liste non exhaustive des différents modes de consommation. Ils peuvent évidemment se croiser, car les objectifs sont différents. Il en va de la souffrance animale, de la protection de l’environnement, de l’origine des produits, de la santé, …

Tu veux ma photo ? La vie d'une poule n'est pas dans une cage

Tu veux ma photo ? La vie d’une poule n’est pas dans une cage
Photo by Jordan Whitt on Unsplash

La question de l’environnement

Elle est liée à la provenance de nos aliments. D’où viennent-ils ? Comment les ingrédients ont-ils été conçus ? Est-ce que des produits chimiques néfastes pour les sols, la faune et la flore ont été utilisés comme engrais, pesticide, fongicides… ? Quel a été le traitement une fois les produits ramassés ? Est-ce que le produit vient de loin ? Dans quel transport ? Beaucoup de questions, et j’en passe, se posent chez les consommateurs aujourd’hui, et certains ont choisi de consommer différemment.

Bio

Le Bio est une certification, le Label d’agriculture biologique, qui oblige l’agriculteur et le fabricant à un certain nombre de standards de production :

  • non-utilisation d’intrants d’origine chimique (c’est-à-dire fertilisant, pesticides, antibiotiques, additifs, etc.)
  • pas d’utilisation d’organisme génétiquement modifiés ;
  • pas de stérilisation par irradiation ;
  • utilisation de terrain de culture n’ayant pas reçu de produit d’origine chimique depuis une période donnée (généralement plus de trois ans) ;
  • consignation écrite détaillée des étapes de productions et de ventes (audit) ;
  • séparation physique des productions labellisable et non labellisable ;
  • inspection sur site régulière.

Le bio n’est pas encore parfait, car certains producteurs passent encore les mailles du filet. De plus, il ne couvre parfois pas assez de spécifications. C’est encore le mode de consommation le plus propre, en terme d’environnement, encore faut-il que les produits ne viennent pas de l’autre bout de la planète.

Agriculture raisonnée

C’est le fait d’utiliser certains produits que le biologique interdirait, mais de manière très sporadique. Souvent, l’agriculture raisonnée pourrait avoir le label du bio, mais ce label étant trop cher, les quelques maraîchers préfèrent rester à l’agriculture raisonnée.

L’agriculture raisonnée a un gros défaut : c’est un terme vague, utilisé de manière empirique pour désigner des exploitations non contrôlées (ce n’est pas un label). Il faut donc avoir une confiance limitée en ces enseignes se disant « agriculture raisonnée ».

Locavore

Le Maraicher de Cergy La Rivoise, idéal pour un locavore de la région

Le Maraicher de Cergy La Rivoise, idéal pour un locavore de la région
Source : La Rivoise

Les locavores sont des gens mangeant principalement des aliments de leur région. C’est le contre-mode de consommation par excellence de la mondialisation. Il passe très souvent par de petits producteurs comme des maraîchers. Il permet de contrôler la provenance de nos aliments, ses modes de culture, etc. De plus, être locavore permet d’être plus en contact avec la nature via le rythme des saisons. Il sera difficile de trouver des fraises en décembre produites de manière locale et raisonnée. Quelques labels existent pour attester de la provenance des fruits et légumes, tels que Saveurs Paris Île de Francequi labellise mon propre maraîcher, La Rivoise.

La question animale

Anti-spécisme

Le spécisime, c’est le gros-mot qu’utilisent les partisans de la cause animale pour désigner le mode de production dominant. C’est bel et bien le fait de considérer certaines espèces animales comme supérieures aux autres. Il y a les beaux chiens et mignons petits chatons qui souffrent plus que d’autres espèces comme le cochon ou le lapin. Et au dessus de tout ça, l’être humain. La lutte anti-spécisme, sans forcément aller jusqu’au végétarisme, veut replacer l’humain en simple animal comme un autre.

Les cirques qui utilisent les animaux à des fins de spectacle sont aussi dans le collimateur des associations de Protection Animale

Campagne d’affichage contre l’utilisation d’animaux au cirque, par l’association Portuguese Leage for Animal Rights

Flexitarien

C’est un terme pour le coup vraiment nouveau. Les flexitariens (comme je le suis) sont très souvent des végétariens en devenir. Ils le deviennent après une prise de conscience, celle-là même qui se répand actuellement dans la société (d’où l’invention de ce néologisme). Les flexitariens choisissent de consommer moins de viande, de faire attention à ce que l’animal soit abattu dans un plus grand « respect » (en comparaison des saignées sans étourdissement par exemple), et ait une vie décente et la plus longue possible (pas d’élevage en batterie). Le flexitarien, s’il consomme encore des « protéines carnées », est contre l’utilisation et la mise à mort d’animaux autre que pour de la nourriture : pas de cirque avec animaux, pas de vraie fourrure, pas de corridas, pas de consommation d’animaux bébés (agneaux, veaux), etc.

Végétarien

Les végétariens ne consomment aucune viande (à part les pesco-végétariens qui consomment du poisson). Ce choix est souvent fait la la suite d’une prise de conscience de la mise à mort d’animaux, qu’une vie est une vie et que les animaux n’ont pas choisi de mourir. Si certains disent que « manger des animaux est naturel », les végétariens répondent que notre société évoluée permet de ne vivre sans consommer de viande et donc sans faire souffrir les autres espèces animales.

Végan ou Végétalien

Affiche de L214 pour le site vegan-pratique.fr

Affiche de L214 pour le site vegan-pratique.fr
Source : L214

Souvent, on se demande la différence entre les deux, et il n’y en a pas. Les végans ont choisi de vivre sans aucun produit issu de l’exploitation des animaux. Cela inclut de ne manger aucune viande, mais aussi aucun sous-produit comme le lait ou les œufs. On oublie souvent, mais c’est un choix de vie total, car cela inclut aussi, par exemple, de ne pas porter de cuir. Même si il ne semble qu’il n’y a pas de mort directe dans la consommation d’oeufs ou de lait, il y en a quand même. La production de lait provient dans la très grande majorité des cas d’une vache qui a été inséminée artificiellement et dont le veau a été enlevé au plus jeune age (une vache qui a toujours son veau avec elle a un très faible rendement de lait, money money money). Les veaux sont la plupart du temps tués pour leur viande. Pour les oeufs, qui ne sont produits que par des poules, ils sont issus d’une sélection des poussins par genre, les femelles gardées pour les oeufs, les poussins mâles souvent broyés à la naissance, certains finissant dans des nuggets.

Prêts à un changement ?

Beaucoup de modes de consommation alternatives ne sont pas traités ici, notamment les questions de l’humain, avec le commerce équitable, et de la santé, avec les produits sans lactose (sans lait) et sans gluten (ou glutenfree). Ils ne concernent en effet pas la question de notre relation avec les animaux, mais croisent souvent les mêmes causes.

Selon le rapport 2006 des Nations Unies sur l’alimentation et l’agriculture, l’élevage des animaux est un des principaux responsables du réchauffement climatique. 65% des émanations d’hémonyocides d’azote sont dues à l’élevage, un gaz qui contribue au réchauffement climatique global 296 fois plus que le CO2.

Selon World Ressources Institute, dans les pays les plus riches, 56% de la production mondiale de céréales sert à nourrir le bétail. Selon la FAO, l’élevage serait à l’origine de 18% des émissions de gaz à effet de serre (davantage que les transports) et de 8% de la consommation mondiale d’eau.

Alors ? Prêt à diminuer votre consommation de viande et à acheter plus près de chez vous ?

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Clementine Tangerine
1 année il y a

Merci Bertrand. ♥
Tu vois, j’ai appris un nouveau mot « semi-végétarien.ne ». Je ne connaissais pas du tout ! Je pense qu’on peut dire que je suis passée par là avant de devenir végétarienne (il y a quelques années, maintenant). ☺

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