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Les Lophiiformes, les pêcheuses silencieuses

Par David · 26 septembre 2018 · Aucun commentaire

©Chase-Face sur Deviantart

Ecrit par David

Tout le monde connait les Lophiiformes ! Si si je vous jure! Les poissons des fonds marins avec une petite lampe sur le front pour attirer les petits poissons dans leur mâchoires ! Vous voyez que vous le connaissait. Cependant, que savez-vous vraiment d’eux ? Savez-vous que les mâles sont beaucoup plus petits que les femelles ? Savez-vous que les deux amants fusionnent une fois rencontrés ? Et bien prenez un instant pour en apprendre plus sur ces petites bêtes aquatiques.

Les Lophiiformes sont la lumière dans les abysses

Cette fois nous ne parlerons pas d’une espèce en particulier, mais plutôt d’un « ordre ». Pour vous aider à  situer un « ordre » dans la classification des espèces traditionnelles, il faut savoir que : plusieurs espèces sont regroupées en un genre, plusieurs genres sont regroupés en une famille et plusieurs familles sont regroupées en un ordre.

Nous allons nous intéresser à un ordre de poisson marin benthique (vivant à proximité du fond marin), les Lophiiformes, aussi souvent appelés les poissons pêcheurs. Ce sont des poissons osseux (possèdent un squelette osseux et non cartilagineux) ayant un mode de prédation qui leur est propre. En effet, la première épine de leur nageoire dorsale (appelée illiciul ou « tige ») est surmontée d’un leurre permettant d’attirer les proies. Ses petites victimes pensent se remplir le gossier sans se douter qu’elles se dirigent vers une mort certaine. Les leurres peuvent avoir des formes multiples mais la plus connue est celle des poissons du genre Linophryne lucifer qui possèdent un organe produisant naturellement de la lumière, la péninsule frontale bioluminescente.

Un lophiiforme dans le film Nemo.

Un lophiiforme dans le film Nemo. ©Disney

Cet ordre des Lophiiformes comprend un grand nombre d’espèces, certaines de ces espèces peuvent vivre à de très grandes profondeurs (à plus de 1000 mètres de profondeur). Leur « canne à pêche » frontale n’est pas leur seule caractéristique exceptionnelle. Lors des captures des Lophiiformes, les scientifiques ont remarqué que tous les spécimens étaient des femelles. Ces individus mesuraient quelques centimètres et la plupart semblaient avoir des parasites leur étant attachés. Cependant, il s’est avéré que ces “parasites” étaient les restes de leur amant.

Il est complètement mordu d’elle !

Les Lophiiformes, les pêcheuses silencieuses

Source : evolution.berkeley.edu

Ceci est dû à ce qu’on appelle un dimorphisme sexuel, c’est-à-dire que le mâle ne ressemble pas à la femelle. Les mâles étant plus petits que les femelles, ils ont des problèmes pour se nourrir dans ces eaux profondes avec une faible quantité de proies à se mettre sous la dent. Cela les oblige à devoir trouver au plus vite une femelle afin d’éviter la mort. Dès leur naissance, les mâles n’ont qu’un seul objectif dans leur vie, celui de trouver une femelle avec qui s’accoupler et ceci grâce à un organe olfactif extrêmement développé. Cet organe leur permet de détecter les phéromones signalant la proximité des femelles dans l’eau. Une fois que le petit mâle a trouvé une femelle, chose assez compliquée dû au un nombre d’individus relativement faible par rapport à la grande étendue d’eau souvent ténébreuse, commence un comportement pour le moins étrange et assez unique dans le monde animal. Le mâle va se lier pour le restant de sa vie à la femelle. Non ce n’est pas un conte de fée, notre petit mâle ne va pas nager le reste de sa vie autour de sa dulcinée et élever des petits poissons à la lumière de leurs petites ampoules frontales (pour les espèces possédant la péninsule frontale bio-luminéscente bien sûr). La vérité est tout autre, le mâle va mordre le ventre de la femelle avec ces petites dents puis libérer des enzymes qui vont digérer la peau de la partie du corps de la femelle mordue, ainsi que sa propre bouche. Ceci permet de fusionner les deux êtres. Leurs vaisseaux sanguins se lient aussi, leur permettant de partager le même sang.

Image tirée du site https://adlayasanimals.wordpress.com/2013/08/04/leafvent-anglerfish-haplophryne-mollis/

A partir de cette étape, le mâle, ayant rempli la mission de sa vie, va commencer à dépérir progressivement. Il va perde ses organes petit à petit en commencent par ses organes digestifs, puis son cerveau, son cœur, ses yeux pour qu’il ne subsiste à la fin rien d’autre qu’une paire de gonades (les organes reproducteurs). Ce qui reste du petit mâle libérera alors du sperme en réponse aux hormones femelles présentes dans le sang indiquant la ponte. La portée des Lophiiformes ressemble à une fine couche de matière gélatineuse et transparente de 60 à 90 cm de large et de 7 à 9 m de long !

Un mode de reproduction adaptée à un grand océan

Pourquoi ce mode de reproduction pour le moins étrange me direz-vous ? Probablement dû au fait que la rencontre entre les deux sexes se trouve être assez difficile dans ces eaux. De plus les femelles de ce genre de poisson ne sont pas très mobiles, comme leur nom l’indique ce sont des poissons pêcheurs et donc elles ont plutôt tendances à rester sur place et à attendre leur diner. Ce n’est pas de la paresse, ces animaux ne possèdent simplement pas énormément de muscles et ne sont pas adaptés à poursuivre leurs proies comme le ferait un requin. Dû à cette faible mobilité et au faible pourcentage de rencontre entre les individus, une bonne technique est de faire en sorte que l’un des deux sexes n’ait pour objectif que de trouver l’autre. Le but étant la survie de l’espèce et la propagation des gènes au détriment de la survie d’un individu.

Voila messieurs, faite attention de ne pas trop vivre au crochet de votre moitié !

Voici une image représentant quelques espèces de Lophiiformes. Je dois avouer que, bien que ces animaux soient tout à fait fascinants sur certains aspects, leur apparence laisse tout de même à désirer.

PS : Je précise pour les plus pointilleux ou les plus curieux que dans l’article j’utilise les mots « genre poisson » pour une plus grande facilitée de compréhension car en réalité le terme des « poissons » n’existe pas dans la classification des espèces vivantes de nos jours.

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