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Elysia chlorotica, la limace de mer qui mange comme une plante

Par David · 25 janvier 2019 · Aucun commentaire

Ecrit par David

Une plante, c’est vert, ça bouge pas et ça se nourrie de soleil et d’eau. Les animaux, ça bouge et ça mange d’autres êtres vivants. Mais un mix des deux, ça existe ? Et bien oui, une petite limace de mer arrive à bouger comme un animal et arrive à ne jamais manger ! Enfin si, elle mange durant deux semaines pour voler les chloroplastes mais je ne vais pas vous en dire plus, je vous laisse découvrir la suite !

La chlorophylle, la puissance des plantes

Tout le monde le sait, nous avons besoin d’énergie pour vivre. Cette énergie est extraite à partir des sucres que nous pouvons trouver dans la nature. Un fruit, un carré de chocolat, des lasagnes ou bien du blanc de poulet sont tant d’endroits où se cache cette énergie. Cependant, cette énergie que nous trouvons dans ce petit poulet provient de ce qu’il a mangé, c’est le principe de la chaîne alimentaire. Le tout premier maillon de cette chaîne est le monde végétal. Ces petits êtres extraordinaires sont capables de vivre toute leur vie (bien plus longtemps que certains animaux) sans bouger de leur emplacement de départ et sans s’attaquer aux d’autres êtres vivants (pour la plupart). Ceci est dû aux mécanismes chimiques se produisant au cœur de leurs cellules dans un petit compartiment appelé chloroplaste. Cet ingénieux mécanisme est appelé la photosynthèse. Les plantes (en tout cas les parties vertes des plantes dans la majorité des cas) vont capter la lumière dans leur chloroplaste. Elles le font grâce à des pigments comme la chlorophylle. Elles transforment puis stockent ensuite cette énergie lumineuse en sucre qui sera intégré à la chaîne alimentaire. Plus il y a de lumière et plus les chloroplastes vont fournir de l’énergie. Mais attention, s’il y a trop de lumière cela pourrait endommager ces petits chloroplastes… Les animaux n’ont malheureusement pas la chance de pouvoir se nourrir de lumière et doivent constamment chasser pour gagner cette précieuse énergie.

Pour les plus curieux voici une représentation d’un chloroplaste. C’est lui, qui par les pigments, donne la couleur verte aux plantes !

Elysia chlorotica, la limace de mer chlorophylienne

C’est là que nous nous intéressons à Elysia chlorotica, une petite limace de mer de 2 à 3 cm, vivant près des côtes Est Américaine. Elle est généralement de couleur verte, mais peut aussi être rougeâtre ou grisâtre, avec de petites tâches blanches ou rouges éparpillées sur le corps. Comme toutes les limaces, elle se nourrie de végétaux et dans son cas, d’algues plus précisément. A la différence des autres limaces, notre petit Elysia va brouter (l’algue hétéroconte Vaucheria litorea) durant deux semaines puis cesser ensuite de se nourrir pour le reste de sa vie (environ 10 mois). Pour arriver à faire ce tour de force, le mollusque va réussir à prélever les chloroplastes des cellules végétales et les stocker dans les cellules tapissant son propre intestin. A partir de ce moment, ces chloroplastes fourniront à leur nouvel hôte les produits de la photosynthèse (les sucres) qui lui permettront de ne plus se soucier de son estomac durant le reste de ça belle vie de limace.

Afin de gérer l’apport de lumière à ses cellules, l’animal possède des flancs parapodiaux (partie située sur le coté de son pied) qui lui donne un aspect semblable à une feuille d’arbre. Ces petites ailes peuvent être déployées si le rayonnement solaire est faible (pour capter un maximum de lumière), ou bien a l’inverse, repliés s’il est trop fort. Malheureusement pour les petits bébés limaces, les chloroplastes survivent pendant toute la durée de vie du mollusque mais ne sont pas transférés à la descendance. Elle devront a leur tour aller se nourrir d’algue afin de voler leur chloroplaste.

 

 

Les chloroplastes, pas si facile à utiliser

Les plus optimistes d’entre vous sont en train de se dire qu’ils allaient commencer un nouveau régime à base de Vaucheria litorea afin de devenir photosynthétique. Malheureusement pour nous, le mécanisme de la photosynthèse est très complexe et il faut un certain nombre de protéine pour que cela fonctionne. Mais, les chloroplastes ne codent que pour une petite partie des protéines de la photosynthèse, le reste est créé à partir de l’ADN de la plante. Il faudrait donc normalement être une plante pour pouvoir utiliser les chloroplastes comme il le faut.

Cependant, les scientifiques ont trouvé au sein du génome du mollusque certains gènes d’algues (tels que psbO) permettant la survie des chloroplastes dans cet organisme. Ils en ont conclu que le gène avait probablement été acquis par un transfert horizontal de gènes*, puisqu’il est déjà présent dès la naissance (dans les œufs et dans les cellules germinales) chez le petit gastéropode. Ce qui signifie que ces limaces ont dans leur code génétique quelques gènes d’algues qu’ils se transmettent de génération en génération (transfert vertical de gènes). Un des ancêtres de notre limace a du « voler » certains gènes à une algue dont il s’est nourri un jour (transfert horizontal de gènes).

Transfert horizontal de gènes

 

Transfert de gènes entre deux individus de la même génération (pas forcement de la même espèce). A l’inverse d’un transfert vertical des gènes qui est un transfert entre parents et enfants (différentes génération et même espèces)

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