fbpx
 

Petite enfance Sciences

1,2,3 …Jouons !

Par Laura · 1 mai 2019 · Aucun commentaire

Ecrit par Laura

Le jeu est souvent associé aux enfants. Cependant, nombreux sont les adultes qui jouent également. Le jeu est universel, c’est l’une des activités les plus naturelles des être vivants. Différents chercheurs et pédagogues ont montré qu’il est présent dans toutes les cultures, mais également qu’il est un aspect du règne animal. Mais au fait, à quoi sert il ?

Qu’est ce que le jeu ?

Le Larousse définit le jeu comme une « activité d’ordre physique ou mental, non imposée, ne visant à aucune fin utilitaire, et à laquelle on s’adonne pour se divertir, en tirer un plaisir ».

Le mot jeu vient du latin « jocus », qui se traduit en français par « plaisanterie ». Le jeu est donc lié au plaisir. C’est une activité spontanée de l’enfant, libre et volontaire. Dans le jeu, les enfants ne se prendront pas au sérieux, ils développeront leur curiosité, leur imagination, des savoir-faire et des savoir-être du quotidien.

Même s’il n’a pas de fin en soi, le jeu est le support de nombreux apprentissages que ce soit chez l’enfant ou chez l’adulte. Par la suite, je développerai surtout l’intérêt du jeu pour les enfants mais il va de soi que nous pouvons transposer de nombreuses parties aux adultes.

Différents types de jeu

Il existe différents types de jeux qui permettront des acquisitions et des interactions différentes : « les jeux sensoriels (exploration sensitivo-sensorielle des objets indépendamment de leur usage habituel), les jeux fonctionnels (utilisation des objets dans les fonctions usuelles), et les jeux de faire semblant », comme par exemple les jeux de rôles qu’ils soient sur plateau ou en grandeur nature.

Dans ces grandes catégories de jeux on retrouve les jeux d’exercice, de manipulation, moteurs, d’assemblage, les jeux symboliques, d’imitation ou encore les jeux de règles comme les jeux de société.

Les fonctions du jeu

La fonction première du jeu est bien entendue celle du plaisir. Jouer, nous l’avons vu précédemment, c’est avant tout s’amuser. Petits et grands prennent plaisir à ce qu’ils font et c’est ce qui donne tout son intérêt au jeu.

La fonction créatrice du jeu

Dans le jeu, enfants et adultes laissent libre cours à leur imagination et à leur création en rêvant. Le jeu leur laisse une grande liberté créative qui permet de développer l’ingéniosité.

Le jeu comme moyen d’expression

C’est par le jeu que l’enfant communique ses émotions. De par sa façon de jouer, les gestes qu’il fait, les émotions qu’il reproduit, l’enfant montre à l’adulte ce qu’il ressent.

Lorsqu’il commencera à parler, le jeu lui permettra également de s’exercer à la langue orale. Il apprendra alors à communiquer ses émotions et à entrer en relation avec l’autre. D’ailleurs lorsqu’on parle d’acteur de théatre, ne dit on pas « jouer » sur scène ?

Le jeu pour découvrir

Le jeu est le support de nombreuses découvertes pour l’enfant : découverte de lui et de son corps dans un premier temps, puis de son environnement, de l’autre, des objets,… Ce sont ces découvertes qui lui permettront de faire des apprentissages, d’explorer, d’expérimenter,…

Contrôler, décider.

Lorsqu’il joue, l’enfant décide de ce qu’il fait et maitrise la situation. Il sait que l’erreur lui est permise et qu’il lui suffira de recommencer car ce n’est qu’un jeu. L’enfant découvre ainsi qu’il est capable de faire les choses et cela renforce son estime de soi et sa confiance en lui.

De même chez l’adulte, de par le jeu il est possible d’essayer sans grand risque. En jeux de rôle grandeur nature, chacun peut se trouver dans la peau d’une roi d’un chef de clan et devenir celui qui va décider. S’il échoue ? Tant pis, ce n’est qu’un jeu. S’il réussit, sa confiance en lui peut en ressortir grandie ! Je le sais, je l’ai vécu !

Accompagner les  enfants à jouer

L’intervention de l’adulte va avoir un impact direct sur le jeu de l’enfant. En effet, la vision du jeu des enfants qu’ont les adultes, influe sur la façon dont les enfants y participent.

Donner à jouer

L’adulte se met en retrait. C’est tout le travail de préparation du jeu en amont : l’aménagement de l’espace, le choix des jouets, les ateliers proposés (peinture, maizena en patouille, sable magique, patisserie,…)

Pour qu’un enfant joue, il faut qu’il se sente en sécurité, légitime et libre de le faire. Il a besoin de se sentir en sécurité dans son environnement (lieu et personnes qui l’entourent), mais aussi du regard de l’adulte et de ses encouragements.

Pour pouvoir jouer librement, l’enfant a besoin de temps libres, dédiés au jeu, et de matériel, de lieux adaptés à son jeu et à son âge. Selon Maria Montessori, il est important que l’adulte laisse du temps à l’enfant, il observe, accompagne et cadre mais ne fait pas à sa place et ne presse pas l’enfant, ses interventions sont courtes et justifiées, étudiées.

La première place de l’adulte dans le jeu de l’enfant est dans la construction de la relation à l’enfant et de cette sécurité affective et physique. Puis, dans la réflexion et l’organisation pour créer les conditions propices au jeu.

Laisser jouer

Les enfants n’ont pas toujours besoin de l’adulte pour jouer même s’il est présent physiquement.

Les adultes sont « des phares » pour les enfants qui restent jouer dans les endroits « éclairés » par leurs regards. Pour jouer, les enfants ont besoin de sécurité, comme nous l’avons vu précédemment. Pour cela, ils ont besoin de rester en lien avec l’adulte. Cela passera par la vue, les échanges de regards mais également par la voix.

Lorsque vous êtes assis sur votre canapé par exemple, votre enfant joue tranquillement parce qu’il vous voit et sait que vous le voyez. Mais si vous vous déplacez, il risque d’arrêter de jouer ou de changer d’endroit pour venir jouer là où vous êtes. C’est pour cela que ma fille de 20 mois s’est retrouvée à peindre le sol à coté de moi dans la cuisine car, depuis sa table avec sa feuille, elle ne me voyait plus.

Cela passe aussi par le fait de se mettre à leur hauteur. Lorsque l’adulte est debout ou assis sur une grande chaise, il est inaccessible aux enfants. Assis à leur niveau, il montre aux enfants qu’il est ouvert à leurs propositions et disponible pour eux.

Faire jouer

L’adulte propose aux enfants des activités ou des jeux. Mais il ne peut le faire qu’en partant des observations qu’il aura menées et de sa connaissance de l’enfant afin d’être au plus proche de ses besoins.

Détourner les jeux de leur utilisation première peut être un moyen de s’adapter aux besoins et aux envies de chaque enfant. Plutôt que d’imposer une activité à un enfant ou de lui interdire des choses, il est plus intéressant de l’observer et de proposer un jeu qui lui corresponde mieux. Les kaplas illustrent bien cette partie : ils peuvent servir à être transvaser dans des seaux, à construire des tours, à être détournés en couverts, etc…

Jouer avec

L’adulte a le même statut que les enfants dans le jeu, il joue avec eux. Pour Francine Ferland,

Jouer avec un enfant c’est se mettre à son niveau tant physique que psychologique. C’est se retrouver assis par terre avec lui, créer une douce complicité, rire des mêmes choses que lui. Jouer avec un enfant c’est d’abord et avant tout avoir du plaisir et partager un moment privilégié avec lui.

 

Si les enfants sentent que l’adulte est disponible, celui ci pourra être sollicité à plus ou moins grande échelle dans le jeu de l’enfant. Cela peut être pour une aide technique (enfiler un costume) ou pour une implication dans le jeu plus poussée (jouer à la dînette,…).

Jouer avec l’enfant est bénéfique pour celui-ci car cela donne une légitimité à son jeu. En effet, en jouant avec lui, l’adulte reconnaît ainsi l’importance du jeu de l’enfant. Il conforte donc l’enfant dans son désir de jeu et agit sur son estime de lui. Lorsque l’enfant sent que l’adulte s’intéresse à son jeu, et donc à lui, que ce soit en participant ou en l’observant, il s’en sentira valorisé et jouera d’autant plus.

Il faut cependant être vigilant à ne pas vouloir trop organiser ou trop entrer dans le jeu de l’enfant. Lorsqu’il entre dans son jeu, l’adulte se laisse guider par l’enfant. L’enfant joue à sa manière qui est différente de l’adulte. Si celui-ci cherche à trop organiser le jeu de l’enfant, l’enfant n’aura alors plus de liberté dans son jeu et ne contrôlera plus la situation. Il risque de perdre l’envie de jouer.

De même, si l’adulte entre trop intensément dans son jeu, il risque de décourager l’enfant, celui ci voyant que son parent fait mieux que lui ou font des choses qu’il ne sait pas faire. L’enfant peut alors perdre l’envie de jouer et passer à autre chose.

Et les jouets alors ?

Le jouet est un support du jeu de l’enfant. L’enfant n’a pas forcément besoin de jouets, mais ils peuvent être des éléments déclenchant son jeu. L’important n’est pas la quantité de jouets mais leur variété et les possibilités qu’ils offrent à l’enfant. Les jouets ont tous leur place et leur espace, afin que les enfants puissent les investir et aillent jouer de façon autonome.

Un jouet sera détourné par l’enfant. Selon F. Dodson : « si 90% du jeu vient de l’enfant et 10% du jouet, c’est un bon jouet ». Ainsi, en cherchant de nouveaux usages au jouet, l’enfant développera son imagination et sa créativité. Il explorera plus longtemps. Il acquerra ainsi de nouvelles capacités. Un jouet attirera plus facilement et plus longtemps l’enfant s’il lui apporte du plaisir et lui permet de le détourner. L’enfant sera alors acteur et aura le sentiment de maîtriser la situation.

Il peut être intéressant dans leur donner du matériel ordinaire sans leur dire comment s’en servir afin de les laisser expérimenter et inventer leur jeu.

Le jouet doit être adapté à l’âge et aux capacités de l’enfant. S’il est trop simple, l’enfant risque de s’ennuyer et n’y trouvera pas d’intérêt. A l’inverse, si la difficulté est trop élevée pour l’enfant il risque d’être mis en échec, de ne pas savoir l’utiliser et de ne pas l’investir.

Cet article a été réalisé à partir du mémoire que j’ai présenté pour l’obtention de mon dîplome d’EJE. Le thème en était « « La place de l’adulte dans le jeu de l’enfant, entre juste distance et proximité. »

Si des lectures sur le sujet vous intéressent j’ai de nombreuses références à vous proposer !

0
Would love your thoughts, please comment.x
()
x
Read previous post:
« There she goes », la série qui voit la vie en Rose

Un instant s'il vous plaît ! Laissez-moi vous parler de There she goes. Non il ne s'agit pas ici d'un...

Close