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Culture Gaming

« Figment », le jeu vidéo rencontre la comédie musicale

Par Wanda · 27 mai 2020 · Aucun commentaire

Ecrit par Wanda

Vous aimez les comédies musicales? Vous aimez aussi les jeux vidéos? Et si on combinait les deux? C’est ce que le studio danois Bedtime Digital Games a fait avec Figment, un puzzle game surréaliste où l’on se dandine tout du long au rythme de la bande-son. Sorti en 2017, il ravira petits et grands joueurs par sa direction artistique et son gameplay facile à prendre en main.

Dusty s’improvise chef d’orchestre avec son épée. Source : Figment / Bedtime Digital Games

Dans Figment, on incarne Dusty, un grand gaillard bleu au nez rouge et aux grandes oreilles, arborant la carrure d’une grosse peluche toute douce. Armé d’une épée en bois, il est accompagné de son acolyte Piper, un drôle d’oiseau particulièrement loquace. Au départ, Dusty voulait juste des glaçons dans sa boisson, ce qui l’entraînera dans un grand dédale cérébral. On le comprend rapidement lorsque l’on croise les sentiments enfermés chacun dans leur petite maison : Colère, Acceptation, Fierté et tant d’autres, répondront lorsque vous toquerez à leur porte. La carte du monde est également une preuve suffisante que nous évoluons dans la cervelle de quelqu’un, ne serait-ce que par les noms des zones. Mais là, je vous laisse le plaisir de découvrir peu à peu l’histoire émouvante qui se dessine au fil de l’avancement dans le jeu. Un indice cependant : Dusty doit retrouver le Courage et se débarrasser d’artefacts effrayants.

Eh oui, la vie, elle ne tient qu’à un…? Source : Figment / Bedtime Digital Games

Se triturer les méninges dans un cerveau

Quand le temps vient à manquer, il devient parfois mortel. Source : Figment / Bedtime Digital Games

Comme tout bon jeu de puzzle, vous aurez affaire à pas mal d’énigmes, parfois un petit peu répétitives mais tout-de-même très plaisantes. Ce n’est pas capillotracté, loin de là, et le jeu ne sera pas long à terminer, et là j’aurais tendance à dire «malheureusement». Comme toutes les bonnes choses, on préfère quand ça ne s’arrête pas, ou en tout cas pas aussi vite. Pour en revenir à nos boutons de manette, Dusty doit souvent placer des machins sur des bidules pour activer tel ou tel truc. Les machins seront placés dans un inventaire on ne peut plus simple en attendant de pouvoir trouver une utilité quelconque. Pour se faire, il va falloir se déplacer, parfois dans des zones inaccessibles car encombrées par des fumées toxiques, des pointes de punaises, ou tout un tas de choses pas chouettes. Des énigmes assez classiques, en gros, mais le jeu est conçu de manière à ce que ce ne soit pas juste une répétition d’actions identiques. De plus, pas besoin de se refaire systématiquement les zones pour passer d’un point A à un point B. On est dans un cerveau rappelons-le, tout est donc interconnecté et relié au système central. A moins qu’il ne s’agisse d’un habile stratagème de conception vidéo-ludique ?

Essayons de remettre les idées sur les rails. Source : Figment / Bedtime Digital Games

Mais Figment est également un jeu d’aventures. Et que serait l’aventure sans ennemis? Le cerveau est en effet envahi d’idées obscures, incarnées par divers protagonistes tels que la grande Huit Pattes ou la Peste et leurs sbires. Entre tentacules, araignées sauteuses et dents qui tombent du ciel, Dusty va devoir donner quelques coups d’épées. Là encore, rien de vraiment sorcier. Une attaque, une esquive, c’est tout ce dont vous aurez besoin. Des billes vertes vous redonneront de quoi vous requinquer, et si par mégarde vous périssez, le jeu dispose d’un système de sauvegarde automatique qui vous replacera quelques secondes avant votre mortel saut périlleux.

Des personnages qui poussent la chansonnette

Une partition surréaliste. Source : Figment / Bedtime Digital Games

Les boss disposent également d’attaques vraiment injustes qui consistent, comme je l’ai dit plus tôt, à nous obliger à nous dandiner bêtement en dodelinant de la tête, quand ce n’est pas pour carrément faire du karaoké. Et je ne parle pas de Dusty… La musique est, au-delà de l’aspect narratif, l’axe central du jeu et de sa conception. Une mélodie de base nous accompagne tout le long du périple, des décors et objets musicaux et instruments de musique de toutes sortes viennent eux aussi compléter le tableau (ou la partition). Et puis il y a ces chansons particulièrement entraînantes, drôles, qui viennent ponctuer et rythmer les phases de combats contre les Grands Vilains. C’est d’ailleurs la première fois que je vois les personnages d’un jeu vidéo de ce genre pousser la chansonnette pour dialoguer entre eux, et indirectement avec le joueur aussi. La musique est sans contexte très importante pour la personne à qui appartient le cerveau dans lequel nous évoluons puisque les instruments sonnent, résonnent, sifflent, pianotent et que sais-je encore absolument partout, quand ils ne font pas partie intégrante des énigmes. Cela apporte énormément à l’aspect poétique et enfantin qui dénote avec le propos plus profond de la narration (que je ne dévoilerai toujours pas, bande de petits curieux).

Quant à l’univers visuel, il va sans dire qu’il est absolument surréaliste, mais surtout ravissant. Des décors 3D peints comme des tableaux donnent une illusion saisissante de décoration en papier mâché ou en carton. Un univers enfantin mais aussi fragile, éphémère et instable, comme peuvent l’être une pile de crayons de bois disposés en équilibre ou un cerveau.

A quand la suite?

Figment est pour finir un jeu très sympathique, original et que j’ai pour ma part regretté de terminer si vite. Ce n’est malheureusement pas le genre de jeu qui permet une énorme re-jouabilité. Des petits objets cachés ça et là peuvent à la limite faire durer un tout petit peu le plaisir, mais ce n’est clairement pas une course aux succès. C’est à mon sens son seul vrai défaut. Par contre, j’en garde de très bons souvenirs, et la bande-son du déjanté Niels H. Sörensen (Stöj Snak, si vous voulez le nom du groupe) se réécoute volontiers pour le plus grand bonheur des oreilles. Une suite est prévue sous le nom de Figment : Creed Valley, mais aucune date n’a encore été annoncée pour le moment. Mais on n’a qu’une hâte : retrouver Dusty et Piper pour de nouvelles aventures cérébrales!

Points Positifs

  • Une bande-son démente et géniale à la fois
  • Une prise en main immédiate
  • Une histoire mélancolique et poétique
  • Des dialogues et personnages hauts en couleurs
  • Des graphismes surréalistes et superbes

Points Négatifs

  • Se termine trop vite
  • Pas de re-jouabilité

Aller plus loin

Figment

Éditeur et développeur : Bedtime Digital Games

Sorti en septembre 2017

Jeu solo de puzzle et d’aventure

Plateformes : PC, PlayStation 4, Xbox One, Nintendo Switch

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