fbpx
 

Cinéma Culture

« Love, Simon », ce film qui me fit craquer

Par Teddy · 11 juillet 2018 · Aucun commentaire

Ecrit par Teddy

« Love, Simon », c’est le film coup de cœur du mois de juin, voire de l’été. Teen movie signé Greg Berlanti, il est aussi la brillante adaptation du roman « Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens » de Becky Albertalli. Un sujet difficile à traiter, et pourtant parfaitement maitrisé, celui de l’homosexualité à l’adolescence.

Greg Berlanti, un réalisateur qui sait surprendre

Greg Berlanti. Source Allociné.

Greg Berlanti, un nom pas vraiment connu et c’est plutôt normal, puisque le réalisateur, même s’il compte quelques films à son actif, a plutôt œuvré pour le petit écran, réalisant des épisodes pour des séries telles que « Dawson« , « Dirty Sexy Money« , ou plus récemment pour « Super Girl« . En ce qui concerne le grand écran, Greg Berlanti nous avait offert un premier film superbe, « Le club des cœurs brisés« , avant de tomber dans la comédie fade et facile, dix ans après ce premier film avec « Bébé mode d’emploi« .

« Love Simon », Le Teen Movie de l’été, bien plus important qu’il n’en a l’air !

Véritable phénomène aux états-unis, voici que « Love, Simon » débarque sur nos écrans. C’est un film qui m’intriguait au plus haut point, car il nous était vendu comme le « premier feel good movie » qui aborde la question de l’homosexualité et qui est produit par un gros studio. Un sujet qui me touche tout particulièrement, mais c’est aussi un sujet qui véhiculait avec lui tout un tas de craintes, tant bon nombre de réalisateurs, scénaristes, producteurs et acteurs se sont cassés les dents et vautrés allègrement dans le cliché le plus total, sous couvert d’ouverture d’esprit et de bien-pensance.

Mais qu’on se rassure, « Love, Simon » vogue bien plus sur les flots d’un « … club des cœurs brisés » (en bien meilleur encore), qu’un « Bébé mode d’emploi« .

Au-delà du simple « teen movie »

Touchant et beau, amusant et naïf, frais et en même temps sachant se faire sérieux, Greg Berlanti fait bien plus que de livrer un film d’adolescent qui se révèle. Le réalisateur nous entraîne dans un très beau film d’amour, d’amitié et d’optimisme. « Love, Simon« , même s’il a ses petits défauts, est un véritable coup de cœur qui fait du bien au moral. On quitte la salle, sous son charme, sous sa sincérité, sous sa vérité, sa véracité … Bref, c’est une réussite.

Le secret de Simon, l’adolescent bien rangé

Alexandra Shipp, Nick Robinson et Katerine Langford. Source Allociné

Simon, dix-sept ans, est un mec comme les autres. Adolescent rangé et responsable, il n’aspire à rien d’autre que d’être heureux, entouré de sa famille et ses amis aimants. Pourtant Simon a un secret qu’il ne sait pas comment et pourquoi divulguer: il aime les garçons.

Un soir, sur un réseau interne au lycée, Simon voit le message d’un autre élève, qui se révèle être gay, mais préfère cacher son identité. Simon arrive à entrer en contact par mail avec cet élève, et commence alors une belle correspondance avec celui qui se cache derrière le pseudonyme de Blue.

Un sujet difficile mais maitrisé

Traiter de l’homosexualité, c’est plutôt difficile, tant les caricatures ou le manque de justesse sont bien souvent présents. Alors parler de l’homosexualité à l’adolescence, âge crucial de la vie, on peut dire que le sujet est on ne peut plus casse-gueule et ça, même pour le mec qui se cache derrière « Le club des cœurs brisés« . Et pourtant, c’est bien ce que Greg Berlanti vient de faire avec « Love, Simon » comédie dramatique et romantique, teenager dans l’âme qui rappellera certains films de John Hughes dans sa façon de montrer les ados et les lycées. Un film qui respire les années 80 qu’on aime tant, tout en s’inscrivant aussi très bien dans son époque, décrivant une jeune génération hyper connectée. Le réalisateur ira même jusqu’à faire une critique des réseaux sociaux, démontrant leur dangerosité sans pour autant tomber dans la leçon de morale.

Nick Robinson. Katerine Langford. Source Allociné.

Si l’on regarde « Love, Simon » dans ses grandes lignes, le film n’a rien d’incroyable. On peut même dire qu’il reste très basique et balisé. L’intrigue est assez prévisible, et Greg Berlanti a bien du mal à éviter certains clichés gros comme une maison. Je pense au meilleur ami sportif, ou encore la meilleure amie secrètement amoureuse de notre Simon. Inutile d’avoir fait Saint-Cyr pour en comprendre les arcs narratifs et ce qui va se passer où même comment ce dernier va se finir. Pourtant, malgré ce manque de surprise, « Love, Simon » est un film qui fonctionne parfaitement et qu’on adore suivre.

Des personnages attachants

D’abord, il y a ces personnages tous plus naturels et adorables les uns que les autres. Le réalisateur a su peindre un joli portrait de cette jeune génération. Un portrait attachant, nuancé et résolument optimiste. Le film donne en permanence envie de suivre les aventures tragi-comiques de ces cinq adolescents. On notera que ces cinq ados sont savoureusement incarnés par une belle brochette de jeunes acteurs qu’on prend plaisir à découvrir.

Nick Robinson. Source Allociné

Une mention sera toutefois donnée à Nick Robinson (l’un des gamins de « Jurassic World« ), qui arrive à merveille à nous faire ressentir tous les doutes, les joies, les trouilles et les contradictions de Simon, un personnage bien plus riche qu’il ne le laissait paraître. D’ailleurs, on peut faire ce constat avec tous les personnages, qui ont tous quelque chose à raconter.

Du mystère

Ensuite, si Greg Berlanti apporte peu de surprises dans son film, il a réussi à installer un joli mystère en la personne de Blue, interlocuteur de Simon, caché derrière un écran. Greg Berlanti tient son mystère jusqu’au bout et s’amuse même avec les fantasmes et les envies de son personnage principal. On adore se laisser prendre au jeu, si bien que nous-même, on cherche celui qui sera l’élu du cœur de Simon. « Love, Simon » a donc ce petit côté « enquête » qui tient notre attention en alerte.

prévisible mais bien écrit

Enfin, et c’est peut-être le plus important, si « Love, Simon » est une telle réussite, c’est grâce à son écriture. Si Greg Berlanti ne s’est pas vraiment foulé dans les grandes lignes de son scénario, on peut dire qu’il y a mis toute son âme pour que son film sonne le plus juste possible dans sa façon d’aborder l’adolescence, l’homosexualité, le coming-out, la différence, ou encore le mal-être. Bourré de vérités, de sensibilité, et de respect, « Love, Simon » est un film important dans sa façon d’aborder et parler de ces sujets. Ici, le film parle du regard des autres, des jugements des autres, même aussi ceux qu’on se fait à nous-même. Il aborde des interrogations cruciales, parfaitement mises en scène, dans les échanges de ces deux garçons par mails interposés.

Katerine Langford. Nick Robinson. Source Allociné;

Le film parle avec une incroyable vérité de cette révélation qui appartient à chacun, moment ô combien bouleversant! Greg Berlanti a parfaitement su saisir et retranscrire à l’écran ces doutes et ces peurs étranges, et normales, qu’apportent le fait de se révéler et de trouver sa place, tout en ne voulant rien changer. Greg Berlanti soulève tellement de questions et pose des mots si justes, qu’il arrive à en faire oublier la prévisibilité des grandes lignes de son scénario. Et mieux encore, il arrive à transmettre un beau message, important, essentiel, qui n’apporte que du positif et de l’optimiste, surtout en cette période où l’homophobie se fait de plus en plus présente.

Un cri du cœur au singulier, que vous m’excuserez …

Et si vous me permettez une conclusion un poil plus personnelle, alors je dirais : « Love, Simon« , je t’ai donc aimé tout entier ! Je t’ai aimé dans chacun de tes recoins, chacun de tes dialogues, des plans, chacune de tes scènes, même les plus niaises. Je t’ai aimé dans ta naïveté, ton énergie, ta positivité, dans ton sérieux comme ton humour.

Nick Robinson. Talitha Bateman. Jennifer Garner. Josh Duhamel. Source allociné.

Puis, je t’ai regardé avec nostalgie, tant tu m’as renvoyé souvent à ma propre histoire. J’ai ri, j’ai pleuré, beaucoup pleuré, puis j’ai même pleuré en riant. En fait, je n’avais pas envie que tu t’arrêtes. J’aurais tellement aimé qu’un film comme ça sorte pendant ma jeune adolescence, ça aurait peut-être rendu les choses plus simples (quoique je n’ai pas beaucoup à me plaindre). Je suis ressorti de la salle tellement bien, léger, le sourire aux lèvres, l’esprit plein de personnages que je vais aimer pour très longtemps.

Bref, allez voir « Love, Simon »

0
Would love your thoughts, please comment.x
()
x
Read previous post:
Escape Bot : Des robots programmés par des enfants
Escape-bot : lorsque les enfants apprennent à programmer des robots sur Mars

Escape-bot est un projet d'escape game robotique afin de faire entrer les élèves dans le monde du 21ème siècle.  A...

Close