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Cinéma Culture

La fête est finie : un premier film personnel entre ténèbres et luminosités qui révèle bien des talents

Par Teddy · 19 mars 2018 · Aucun commentaire

© Pyramide Distribution

Ecrit par Teddy

La sortie cinéma français de l’année, ce n’est pas « La Ch’tite famille » de Danny Boon. Non, elle est plus discrète, à peine plus de soixante salles, et elle ne trouvera pas le succès que Danny Boon s’assure déjà. C’est bien dommage, car « La fête est finie », premier film de Marie Garel-Weiss, est assurément plus vivant, plus fort, et émotionnellement parlant. C’est un joli tourbillon d’ivresse et de frissons. Magnifique dans sa renaissance et son combat, porté par deux actrices au-delà du sublime, Zita Hanrot et Clémence Boisnard, « La fête est finie » est la surprise de l’année.

Un combat au quotient, pour deux personnages a tomber

Source Allociné

« La fête est finie » est le premier film de Marie Garel-Weiss. Mais avant d’arriver sur ce premier long, Marie Garel-Weiss a derrière elle un joli parcours. Assistante de réalisation sur plusieurs films au cours des années 2000, c’est avec l’écriture qu’elle perce. « Atomic Circus » des frères Poiraud ou encore « Goal » de Thierry Poiraud sont coécrits avec elle. Elle a coscénarisé aussi quelques films de Fabrice Du Welz et Cédric Khan. Puis, il y a une dizaine d’années, elle réalise deux courts-métrages fauchés, « L’amour dans mes saunas hétérosexuels » et « La vie de garçon« .

Céleste est une jeune fille de dix-neuf ans qui a sombré dans la drogue, au point d’avoir échappé de peu à la mort. Pour s’en sortir, elle est envoyée dans un centre de désintoxication. Sauvage, rebelle et peu sociable, Céleste va portant se lier d’amitié avec Sihem, une jeune fille un peu plus vieille qu’elle, arrivée le même jour qu’elle. Ensemble, les deux jeunes femmes vont mener un dur combat pour refaire surface et peut-être arriver à retrouver une vie libre et normale.

Un premier film plein de sensibilité, pour un sujet difficile, porté par deux actrice magnifiques qui font parti de nos plus beaux espoirs

Une affiche électrique, un titre qui pique la curiosité, aucune tête d’affiche, c’est « La fête est finie« . Un premier film doté d’un sujet qu’on connaît par cœur. Il est vrai que comme ça, ce premier film signé de Marie Garel-Weiss avait autant d’atouts pour attirer le curieux que je suis, que de craintes aussi. On ne compte plus les films qui ont pris la drogue et les drogués comme sujet et je dois avouer que j’avais peur de me trouver face à un déjà-vu. Mais finalement, absolument pas, car en plus d’être une excellente surprise, « La fête est finie » m’a fait passer un très bon moment en salle. Un moment fort et émouvant.

Source Allociné

Ce qui est étonnant avec ce premier film, c’est qu’il nous raconte ce que l’on connaît et bien sûr, il est évident que l’intrigue passera alors par des chemins dits obligatoires. Mais malgré ça, Marie Garel-Weiss a su trouver le ton juste et surtout touchant pour nous raconter ses héroïnes et leur renaissance.

Loin des clichés, loin du glauque, « La fête est finie » nous offre une belle plongée auprès de deux jeunes femmes qui veulent s’en sortir. Le scénario est subtil, juste, c’est bien écrit, et l’on se laisse facilement attraper par ces deux parcours qui se suivent, se chevauchent parfois, se séparent pour mieux se retrouver. L’émotion, le manque, la détresse, la folie et les espoirs sont palpables. À aucun moment Marie Garel-Weiss ou ses deux actrices n’en font trop, ce qui est formidable, tant la frontière est infime et bien souvent dépassée.

Deux actrices dont il va falloir retenir le nom, Clémence Boisnard et Zita Hanrot

D’ailleurs, en parlant de ces actrices, on ne peut qu’être bluffé par ces deux jeunes talents. L’alchimie entre les personnages fonctionne à la perfection et ces comédiennes sont passionnées par le projet. Clémence Boisnard est incroyable ! Et il est clair qu’elle pourra sans aucun mal concourir au César du meilleur espoir féminin en 2019. Quant à Zita Hanrot, elle confirme avec grâce et délicatesse tout le talent qu’on lui connaissait déjà.

« La fête est finie » , c’est aussi un film qui transpire d’émotion à chaque plan. Marie Garel-Weiss offre une belle et bonne mise en scène, qui transmet et immerge son public à chaque instant.

Ce film, qui s’avère très personnel pour sa réalisatrice, a toutes les qualités d’un premier film, tout en n’ayant peu des défauts qu’on trouve dans beaucoup de films. Et si, finalement, il fallait lui en trouver un qui fait grincer quelque peu, alors ce serait les petites baisses de régime par-ci par-là, qui peut donner l’impression que parfois l’intrigue tourne en rond l’espace de quelques instants.

Source Allociné

On pourrait lui reprocher de ne pas développer plus que ça certaines parties importantes de son intrigue, comme tout ce qui tourne autour des aides sociales par exemple. Mais comparer au reste de la qualité de ce premier film, c’est peu de chose et on oublie volontiers ceci, pour se laisser conquérir.

« La fête est finie » est donc un excellent et très beau premier film. C’est un film qui immerge son spectateur et arrive à toucher au plus juste et ça malgré ce sujet vu et revu. On peut aisément affirmer qu’avec « La fête est finie » , on voit arriver dans le paysage français le nom d’une réalisatrice qui nous fait beaucoup de belles promesses, Marie Garel-Weiss. Une réalisatrice dont je vais assurément guetter le prochain film. Bref, décidément, en ce début d’année, le cinéma français est en forme et il serait bien dommage de passer à côté de ce film.

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