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Jurassic World: The Fallen Kingdom, essai transformé pour le reboot de Jurassic Park !

Par Colas · 13 juin 2018 · Aucun commentaire

Ecrit par Colas

Jurassique World: The Fallen Kingdom est (enfin) sorti le 6 juin dernier ! Je suis allé le voir pour me forger mon avis… et je n’ai pas été déçu.

The Fallen Kingdom est une suite réussie au Jurassic World de 2015. Malgré son scénario conventionnel et ses personnages classiques, il offre un divertissement à la portée des fans de la première heure comme des paléontologues en herbe. Mais, surtout, il assume enfin toutes les profondes questions d’éthique, de société et d’écologie effleurées au fil des 4 derniers opus. Serait-il l’épisode de la maturité ?

Rassurez-vous: la balade est garantie sans spoilers…

Il faut sauver le dino Ryan !

Nous sommes en 2018. Cela fait trois ans que le parc d’attraction zoologique Jurassic World a mis la clef sous la porte après une évasion massive de ses pensionnaires et quelques (centaines de) morts malheureuses. Laissés en paix sur leur petite île, les dinosaures du parc poursuivent leur vie tranquille. Mais les voilà à nouveau au bord de l’extinction. Le volcan de l’île s’est réveillé, et menace de tout carboniser sur son passage. Owen et Claire, anciens employés du parc, rejoignent une expédition de sauvetage pour mettre les dinosaures à l’abri. Mais, pour certains, la notion de sauvetage est toute relative…

Une structure classique mais agréable

Un scénario simple mais efficace

© allociné

Autant le dire tout de suite: le scénario de The Fallen Kingdom est assez attendu. L’histoire suggérée par le synopsis est exactement celle qui se déroulera dans le film. Ni plus, ni moins.

Cependant, le film y gagne une cohérence rafraîchissante. On ne compte plus les blockbusters qui se sont enlisés dans les lourdeurs scénaristiques et les coïncidences inutiles en cherchant à tout prix le rebondissement et le revirement imprévisible. Certains scénarios ne s’y prêtent simplement pas.

The Fallen Kingdom semble assumer sa simplicité scénaristique pour puiser ailleurs sa complexité. Au final, l’histoire se déroule naturellement et avec plaisir, et aucune situation alambiquée ne vient vous faire lever les yeux au ciel. Que demander de plus à un blockbuster ?

 Des seconds rôles stéréotypés mais agréables

On retrouve avec plaisir les héros réussis de Jurassic World. Et encore mieux: ils ont (un peu) évolué ! Chris Pratt redonne à son Owen Grady sa fraîcheur amusante caractéristique, mais le teinte aussi d’un peu de complexité lorsqu’il se prend à réfléchir à sa responsabilité dans le traitement infligé aux dinosaures. En prime, il évite à nouveau de tomber dans le dangereux cliché du dur-à-cuir-plein-de-testostérone. Bryce Dallas Howard – qui rempile dans la peau de Claire Dearing – perd quant à elle un peu de son côté « femme badass »1 mais pour y gagner en humanité, investie dans son nouveau rôle de défenseuse de la cause animale.

1 enfin… presque… 😉

© allociné

Malheureusement, l’intérêt des personnages s’arrête ici. Pour le reste d’entre eux, on retrouvera uniquement les stéréotypes du genre: le geek inadapté mais courageux, la garçonne qui-se-laisse-pas-faire, le méchant braconnier cruel et ignare… Heureusement, un humour discret mais efficace et un jeu d’acteur très convenable fait qu’on se retrouve à les apprécier malgré tout (mais parfois de justesse !)

A ce propos: mention spéciale à la jeune Isabella Sermon, qui incarne la très jeune nièce du richissime homme d’affaire bien décidé à sauver les dinos d’une seconde extinction. Pour ma part, je grince souvent des dents face aux enfants-acteurs, souvent trop mièvres ou trop ridicules. Mais, au contraire, Sermon incarne une enfant touchante et réaliste, mélange savant d’espièglerie et de candeur, que la vaillance n’empêche pas de trouver naïvement refuge sous ses draps quand le terrible raptor trouve le chemin de sa chambre. Un début de carrière plus que réussi sur le grand écran !

© panorama.com.ve

L’avènement de 25 années de travail

La petite pièce qui crée le puzzle

Jusqu’ici, les liens scénaristiques entre opus de la série se limitaient au strict minimum. The Fallen Kingdom, cette fois, lie efficacement tous les éléments de la série. Malgré la simplicité du scénario, il fait en sorte d’être un aboutissement de l’histoire tragique du (des ?) parc. Chaque personnage, chaque situation trouve ainsi sa place dans la fresque sans incohérence malheureuse ni omission fortuite.

Cependant, le film évite soigneusement l’écueil du fan-service. Le raccord se fait à coups de références légères qui ravissent les fans2 sans alourdir le tout.

2 Une apparition efficace de Jeff Goldblum en spécialiste de la cause jurassique, le leg d’une certaine canne au bout ambré…

(un peu) Plus qu’un simple Blockbuster

Soyons honnêtes: un blockbuster, ça veut avant tout à séduire le plus grand nombre. En règle générale, on s’y livre rarement à des subtilités artistiques. Autant le dire tout de suite:  The Fallen Kingdom ne déroge pas à la règle, et pas besoin d’y chercher un nouveau chef-d’oeuvre. Cependant, j’ai été agréablement surpris par un certain nombre de petits essais artistiques tout au long du film. Le tout reste ténu, mais Juan Antonio Bayona – le réalisateur – à su doter son film de quelques images assez originales.

On verra ainsi par exemple la figure pleine de dents d’un raptor se superposer au minois délicat d’une petite fille au hasard d’un reflet, sorte de dénonciation de qui est le vrai monstre: l’homme, ou le dinosaure ? Une autre scène fera se muer l’ombre d’un cheval à bascule en terrible mâchoire reptilienne, comme une habile évolution à l’envers.

Ou encore un autre frisson au moment ou l’on verra éclater au sol la fameuse canne de John Hammond, alors que meurt son dernier associé. Une scène poignante, ou le simple éclatement d’un morceau d’ambre devenu si familier nous fait prendre soudain conscience de l’extinction définitive du rêve de celui qui avait « dépensé sans compter »

Des dinosaures enfin VIVANTS

En 1993, Jurassic Park nous donnait de beaux dinosaures. En 2015, Jurassic World en faisait de bons pensionnaires de zoo, au comportement proche de ceux que l’on peut voir dans nos parcs. 2018: The Fallen Kingdom nous offre enfin de véritables animaux, un point c’est tout. Et si ses seconds rôles sont si plats, c’est peut être car le film a mis tout ce qu’il avait dans ses dinosaures.

© Journaldugeek.com

En plus d’être magnifiques ils offrent maintenant une gamme de comportements toute en finesse. Fini les bouches-pleines-de-crocs qui ne savent que courir ou brouter. Reniflements, tressaillements, regards fuyants ou scrutateurs, curiosité: le film s’attache à nous donner l’impression d’observer de vrais animaux en train de vivre sur leur île ou de fuir leurs chasseurs.

Mais ça, on sait le faire easy depuis Avatar…

Et c’est là que la magie opère. Les dinosaures du film sont si réalistes

© Denofgeek.com

qu’ils en deviennent les véritables personnages principaux. The Fallen Kingdom réussit le tour de magie de nous donner envie de pleurer pour un pauvre brachiosaure carbonisé, d’espérer une fin heureuse pour la maman tricératops et son petit ou d’enrager face à la tristesse d’un raptor étudié en cage.

En offrant aux actes de ses dinosaures la neutralité animale – qui n’est ni bonne ni mauvaise, juste naturelle – Jurassic World: The Fallen Kingdom fait ressortir toute la dureté et l’intérêt destructeur du comportement humain. Et si c’était là, le véritable tour de passe-passe: faire des dinosaures la victime… et des humains le monstre !

L’épisode de la maturité

Pour une éthique du jurassique

A défaut de les traiter, Jurassic World: The Fallen Kingdom soulève des questions d’éthique cruciales.

Le clonage

Quand deux scientifiques Ecossais font naître la brebis Dolly en 1996, le tout premier clone de notre histoire, ils ouvrent la voie à un véritable casse-tête éthique encore présent de nos jours. Pourtant, voici déjà 5 opus qu’on clone des dinos a tout va sans jamais y réfléchir ! The Fallen Kingdom soulève enfin une série de questionnements sur le bien fondé du clonage, principalement en creusant le thème de la filiation et la parentalité. A-t-on le droit créer un être privé de racines ?

La société mercantile

Les hommes ont fait renaître les dinosaures et, pendant 25 ans, ils n’ont rien trouvé de mieux à faire qu’en tirer de l’argent ? En prenant le contre-pied de son thème initial – le parc zoologique – The Fallen Kingdom semble vouloir dresser la critique de la société mercantile. On retiendra ainsi de sérieuses scènes d’expérimentations cruelles visant à commercialiser des dinos militarisés ou une terrible vente aux enchères d’espèces éteintes.

On retrouve d’ailleurs la société InGen, créatrice du premier parc et des premiers dinosaures, et qui devient l’ennemi a abattre. Comme si à force de chercher le succès et l’argent, elle avait perdu de vue le rêve pour sombrer dans la surenchère…

La contrebande animale

C’était déjà le cas de Jurassic Park II. Ce coup ci, quelques individus mal intentionnés tentent à nouveau de mettre la main sur des espèces en danger pour les revendre. Sauf que cette fois, le film ne se contente pas de présenter les contrebandiers: il braque aussi les projecteurs sur leurs receleurs. On retiendra ainsi une grinçante scène présentant par le menu l’identité des misérables acheteurs de dinosaures, ainsi que leurs lamentables motivations...

Une ode au vivant ?

© Allociné

Mais le thème le plus fort reste celui du respect de la vie animale.

Nous l’avons déjà dit, The Fallen Kingdom nous force à l’empathie en nous livrant des dinosaures touchants et plus vrais que nature. Or le scénario soumettra ces pauvres bêtes aux expérimentations scientifiques et autres destructions de leur habitat naturel, trafics, détentions inhumaines… Au point que, petit à petit, ce scénario vient faire écho à notre propre actualité, et nous force – peut être – à revoir notre propre comportement envers le monde animal.

Enfin, le film ouvre une réflexion sur un sujet des plus brûlant dans notre société de plus en plus à l’aise avec la manipulation du vivant: avons-nous une responsabilité envers ce que nous créons ?

En somme, Jurassic World: The Fallen Kingdom réussit à lier complètement la série mythique avec son reboot, et à les réunir en un univers foisonnant. On regrettera son scénario classique et ses personnages stéréotypés, mais au profit de dinosaures enfin 100 % convaincants et d’une réflexion stimulante sur l’éthique et le vivant.

© Allociné

Aller plus loin

Jurassic World: The Fallen Kingdom

Date de sortie : 2018

Réalisation : Juan Antonio Bayona

Scénario Dereck Connolly & Colin Trevorrow

Musique : Michael Giacchino

Distribution :

Amblin Entertainment / Apaches Entertainment / Legendary Pictures / Universal Pictures

Durée : 128 mn

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