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Culture Histoire Littérature

« Cadavre, vautours et poulet au citron », voyage au pays de Gengis Khan

Par Wanda · 15 janvier 2020 · 2 commentaires

Ecrit par Wanda

Prêts pour l’aventure en terre inconnue aux côtés du détective public Jérôme Beauregard? Couvrez-vous bien, il fait très froid à Oulan-Bator. Les escapades sont ici narrées par le facétieux Guillaume Chérel, dans son roman « Cadavre, vautours et poulet au citron », édité chez Michel Lafon en 2018.

Une biographie fantasmée ?

« Passez-moi la vodka »

Ce roman se situe entre le thriller et le récit d’aventures. En effet, l’enquête est finalement assez peu présente et ne sert que de prétexte pour nous faire découvrir ce pays mystérieux qu’est la Mongolie. Guillaume Chérel est un voyageur en quête de liberté, et souvent je me suis demandée si ce livre n’était effectivement pas le reflet de ses ambitions personnelles, à savoir se trouver plongé dans des histoires abracadabrantesques.

Jérôme Beauregard, détective public comme il aime à le rappeler, se voit confié une mission par Pat, un exploitant minier expat’ en Mongolie, dont il a fait la connaissance au-travers des « réseaux soucieux ». Oui, Jérome Beauregard fait des enquêtes, mais aussi des jeux de mots qui fleurent bon le daron un peu dépassé par son époque. Ça aura eu le mérite de faire pouffer de rire la lectrice que je suis. Et qu’on se le dise, ce livre s’accompagne de (trop?) de vodka. Les deux sont-ils liés ? A voir…

« Vodka? Da! »

Oulan-Bator et son architecture hétéroclite

Là-bas, à Oulan-Bator, capitale de la Mongolie, Jérôme Beauregard va découvrir la vie bien arrosée d’expatrié. Entre soirées fichtrement alcoolisées, péripatéticiennes potelées et bagarres de poivrot, le monsieur va vite comprendre les us et coutumes particulières des ex-nomades et celles des petits capitalistes ventrus et opportunistes venus piller sans scrupule les richesses du pays. Il faut dire qu’à ce moment de l’Histoire avec un très grand H de la Mongolie, le communisme a plus ou moins mis la clé sous la porte et le capitalisme commence à s’installer confortablement, ce qui visuellement, donne un aspect très étrange (mais remarquable) à la capitale, entre architecture traditionnelle, immenses buildings clinquants et architecture soviétique, le tout bordé de quatre sommets sacrés. La ville s’articule autour de la place Gengis Khan, au centre de laquelle trône, fier comme un roc, la statue de Damdin Sükhbaatar, surnommé le Lénine mongol. Le nom Oulan-Bator est d’ailleurs un hommage à ce personnage : Ulanbaatar signifiant Héros rouge.

Outre la ville, sa population bigarrée (elle constitue à elle seule 45% de la population de Mongolie, sans compter ces fameux exploitants venus faire fortune vers les années 90) et son climat hivernal (il ne faut pas s’en étonner quand on se situe à 1351m d’altitude), Jérôme Beauregard va enfin découvrir un peuple de nomades, les steppes sauvages et les loups. Ce peuple, dont les croyances chamaniques sont toujours bien présentes, vit au gré de l’exploitation des pâturages dont se nourrissent leurs élevages, cette activité étant capitale à leur survie. Du fait de pas mal d’épisodes climatiques désastreux, beaucoup de cheptels vont disparaître et obliger certain à se débrouiller pour survivre. D’où la présence des fameux ninjas dans les mines abandonnées… Jérôme Beauregard s’imagine déjà un shuriken planté entre les deux yeux, mais la raison de ce terme est on ne peut plus désopilante. Je vous le donne en mille, Émile, les ninjas tant redoutés par le détective ne sont ni plus ni moins que des chercheurs d’or. La bassine qu’ils portent dans le dos leur donne des allures de Tortues Ninja. Oui, bah n’empêche que les Tortues Ninja étaient super balaises. Bon, je m’égare, revenons à nos rennes, nos moutons et nos loups.

Les yourtes des nomades mongols

« Qui boit meurt, qui ne boit pas meurt aussi »

Jérôme Beauregard va également croiser la route de nazis. Outch, quoi ? Il ne manque plus que des dinosaures et des méchas, et on a un récit non-plus alcoolisé, mais carrément sous acide, là. Eh bien, ça n’est pas si fou que ça. En effet, outre le culte prononcé pour Gengis Khan sur lequel je reviendrai plus tard, un groupuscule a été créé sous le nom de Tsagaan Khass signifiant «croix gammée blanche». Qu’on ne s’offusque pas trop vite toutefois, la swastika ayant des origines asiatiques. Ils ne soutiennent pas la guerre et le massacre de masse, mais soutiennent l’identité nationale. Oui, bon, ils se disent aussi carrément contres les « mariages interraciaux » (quel terme hideux…) et nourrissent pas mal de ressentiment à l’égard de la Chine. Heureusement, ce groupuscule ne comporte qu’une minorité d’individus un petit peu fêlés (un touuuut petit peu?). Non, la grande idole des jeunes et des moins jeunes mongols est bien évidemment, comme dit plus haut, Gengis Khan. On retrouve son nom absolument partout!

La plus hautes statue équestre au monde , celle de Gengis Khan

Si nous, français, sommes fiers de nos frometons, que les belges sont fiers de leurs frites et que je pars dans les lamentables clichés, les mongols sont fiers de leur histoire. Et ils ont bien raison. Ce personnage, on en sait finalement assez peu, mais quelle légende… C’est au début du 12e siècle que ce bonhomme aux sacrés « bollocks » va unifier les clans de nomades et mener une croisade qui mènera à l’extension d’un empire grand comme environ 50 fois la France. C’est simple, depuis, on a jamais fait mieux. Et le tout, à dos de cheval, grâce à des arcs pouvant tirer jusqu’à 900m, au grand galop. Car ça, c’était le petit « tip’s » de l’armée mongole : des chevaux robustes et de redoutables guerriers capables de briser à distance des côtes de maille. Mais l’histoire elle-même de Gengis Khan est bien trop longue pour être racontée ici et mériterait un ou plusieurs articles à lui tout seul tellement sa vie fut incroyablement mouvementée. On retient cependant pourquoi les mongols sont aussi admiratifs à l’égard de cette figure.

« Entre dipsomanie et diplomatie »

Mais toute bonne chose a une fin, et finalement, Jérôme Beauregard, une fois son enquête plus ou moins bâclée terminée, va devoir rentrer chez lui, au chaud, autour d’une bouteille de Gengis Khan pour nous raconter sa folle aventure avec son «anda» Pat (anda est le terme pour désigner un ami juré). En tout cas, à défaut de m’avoir ébloui par sa prose, l’écrivain Guillaume Chérel aura réussi à me faire voyager dans un pays que je ne connaissais absolument pas (sans même quitter le nid douillet qu’est mon lit, vive la lecture!).

La banlieue d’Oulan-Bator ne cesse de s’agrandir avec la sédentarisation

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Chérel
5 mois il y a

Cet article bien torché m’avait échappé, chère Wanda, mais pourquoi vous donner autant de mal à lire et décrire ce livre pour l’assassiner d’une phrase facile sur le style ? La critique est facile mais l’art est difficile, petit scarabée… Et c’est un auteur d’une quinzaine de livre, critique littéraire qui te/vous parle… Allez, à toi de jouer, montre nous ce que tu sais faire ? Olé !
 

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