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Culture Humour Littérature

Allumer le chat, un récit d’attachants cabossés

Par Wanda · 22 mai 2019 · Aucun commentaire

Ecrit par Wanda

Allumer le chat, Bastos de son petit nom, c’est ce que voudrait Raymond quand il est en manque de nicotine. Ce qui lui vaudra quelques lapins en moins, ainsi qu’un chat bien vivant et philosophe. Barbara Constantine, l’auteur du roman, nous raconte des destins croisés et surprenants, sur fond d’humour noir et de scènes proches du surréalisme et pourtant tellement humaines.

Barbara Constantine est céramiste, scripte, mais également une romancière sachant jongler avec les mots aussi bien qu’avec les tranches de vies qu’elle nous offre à lire. Elle habite la région parisienne, mais apprécie se ressourcer dans le Berry en compagnie de ses deux chats, Alcide Pétochard et Pétunia Trouduc. Elle a notamment écrit « A Mélie, sans mélo » ainsi que « Tom, Petit Tom, Tout Petit Homme, Tom », et a reçu plusieurs prix littéraires. Retour sur son tout premier roman : « Allumer le chat », paru en 2007 et édité par Calmann-Lévy.

Une ribambelle de personnages

D’abord il y a Raymond et Mine. Et puis Bastos, leur chat. Raymond aime se faire passer pour un méchant en fronçant les sourcils. Il aurait des pouvoirs guérisseurs avec ses mains. Mine, ça la mine quand Raymond tente de buter Bastos. Alors Mine l’amadoue, et Raymond et Mine finissent toujours par s’aimer d’un amour tendre et pur. De l’amour, toujours de l’amour, et encore de l’amour… Ces deux-là, on peut dire qu’ils en ont en stock ! Et puis il y a Rémi, leur adorable petit-fils couvert de furoncles. Mais Raymond a des pouvoirs guérisseurs et bientôt le jeune garçon retrouvera sa gueule d’ange. Rémi, que sa mère a délaissé, et qui se sentira tellement bien chez Mine et Raymond (sans oublier Bastos) qu’il finira par carrément s’oublier.

« ça donne envie de rire… ça fait des chatouilles dans le ventre… » Crédit photo : @anniespratt

Mine et Raymond : « Ce sont des vieux qui s’aiment ». Crédit photo : Sabine Van Erp

Il y a aussi Josette et Edith, qui finiront par voyager jusqu’au bout du monde, Marie-Rose et ses « recettes sauvages », Farid et Geneviève, qui se sont aimés avant même de se connaître, Pierrot, l’artiste en herbe que les morts font vivre, Jack/Jacques, le gamin alcoolique mais de bonne volonté… Autant de personnages que de chapitres dans ce livre. Autant de destins croisés, car au final tout ce petit monde se connaît et se côtoie et pourtant, des secrets, des non-dits, il y en a !

Des rebondissements à la pelle

Autant vous prévenir tout-de-suite, ce roman se dévore d’une traite. Soixante-dix chapitres qui passent d’un coup d’un seul, ça peut sembler lourd à digérer. Pourtant, le rythme y est tellement infernal qu’on a plus l’impression de bondir et rebondir comme un ballon au milieu de cette ribambelle de portraits tous plus attachants les uns que les autres. Sauf pour les morts. Bizarrement, dans cette sombre fable, la mort et le destin tragique des uns fera le bonheur des autres. Et on se prend à pouffer de rire devant la description de certaines scènes particulièrement macabres (mais hilarantes, si, si…). Chaque chapitre se voit d’ailleurs joliment bien titré et nous place tour à tour dans la tête d’un des nombreux personnages. Même Bastos y passe et se permet quelques considérations philosophiques sur la façon de raconter n’importe quoi.

Le secret ? Ne douter de rien ! Voici ma recette.

Commencer par s’entraîner régulièrement à la technique dite du monologue. Je m’explique. Le monologue a la vertu, quand il est maîtrisé, d’hypnotiser en quelque sorte, le sujet auquel on le soumet. « Saouler », « gaver », « gonfler », « prendre la tête », sont autant de moyens d’empêcher de réfléchir, de rêver ou de respirer sa victime. Le but ? Remplir si totalement son espace mental que rien ne peut plus s’y insinuer : zéro doute + zéro remise en question = totale soumission.

Maïté VS Marie-Rose et sa cuisine sauvage

Cerise sur le gâteau, on y apprend également à cuisiner des mets raffinés tels que le Pâté de rat. « Un peu fort , mais avec un vin blanc du Jura qui prend bien le dessus, on en redemande ! ». Ou bien le Ragoût de vipères aux châtaignes, apparemment parfait pour séduire son homme.

En revanche, et pour conclure, Barbara Constantine, vous êtes une romancière particulièrement douée pour manipuler les mots, mais j’ai parfois eu du mal à vous lire. Mais c’est à cause des larmes de rire que vous avez déclenchées chez moi, pour mon plus grand bonheur !

Aller plus loin

Allumer le Chat, de Barbara Constantine, est disponible sur Amazon.

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