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Les escargots zombies, les yeux de la mort

Par David · 14 mai 2018 · Aucun commentaire

Ecrit par David

La nature est faite de petits papillons, de jolies fleurs et de petits chatons tout mignons tout plein. Mais toutes les espèces ne jouent pas la carte du charisme pour attendrir les petits internautes ! Certaines espèces sont vicieuses et préfèrent rester cachées en tirant les ficelles depuis un point reculé. Vous l’avez compris, on va parler de stratégie pointue pour la survie de certaines espèces. On va regarder un PA-RA-SITE. Et si un petit ver pouvait prendre le contrôle d’un escargot?

Et si on COMMENÇAIT par quelques notions

Cette fois nous allons parler d’un parasite. Bien que la plupart de ces petits êtres répugnent un grand nombre de personnes, il faut tout de même souligner la magnifique adaptation qui a eu lieu pour en arriver à ce que nous pouvons voir de nos jours. Un certain nombre d’espèces parasites possèdent un cycle de vie impliquant l’alternance entre plusieurs hôtes.

Un parasite c’est quoi ?

 

C’est un être vivant qui vit en symbiose avec un autre être vivant. Dans le cas du parasitisme, la symbiose n’a d’utilité que pour une des deux espèces, l’autre peut même se trouver désavantagée dans cette affaire.

Un cycle de vie c’est quoi ?

 

Le cycle de vie représentent une succession de phases qui composent la vie complète d’un organisme vivant. C’est à dire de ça naissance jusqu’a sa reproduction et même jusqu’à sa mort. Comme il s’agit d’un cycle, pour les explications, il n’y a pas de début ni de fin. Il est possible de commencer à vous raconter les cycles en partant de n’importe quelle phase.

Une vie dans l’estomac : HÔTE n°1

Le Leucochloridium paradoxum est un petit ver parasite au cycle de vie bien déroutant. Commençons à expliquer son cycle en partant de sa phase « Enfant » qui sont des plathelminthes (vers plats) et au moment où ils sont déjà dans leur milieu de vie (dans leur premier hôte). Ces plathelminthes ne peuvent atteindre leur forme adulte que dans le système digestif des oiseaux. Une fois à l’intérieur, ils pourront grandir, se reproduire et pondre leurs œufs. Ces derniers seront expulsés dans la nature avec les fientes de leur hôte. Les œufs se retrouvent alors largués un peu n’importe où.

On peut alors se demander comment des œufs se trouvant au niveau du sol pourraient se retrouver  à nouveau dans le système digestif d’un oiseau. Et oui, n’oubliez pas qu’il s’agit d’un cycle ! Ceci est possible grâce à l’implication d’un second hôte. C’est un gentil petit escargot vivant de feuilles et d’eau fraîche, qui n’est pas très regardant sur ce qu’il a dans son assiette qui va malheureusement endosser ce rôle.

il en prend plein les yeux : Hôte n°2

Il arrive parfois a notre petit gastéropode de manger les fientes d’oiseau qui auraient éclaboussé son déjeuner. Malheur pour ce petit escargot si son déjeuner est contaminé par les œufs du plathelminthe. Sous cette forme, le Leucochloridium Paradoxum est très résistant et peut facilement survivre à un séjour dans le tube digestif de l’escargot. Après quelque temps, le parasite va se retrouver dans l’hépatopancréas (organe faisant office de foie et pancréas) de l’escargot.

Ce petit séjour va lui permettre de se développer et de produire des sacs pulsatiles et colorés contenant des parasites sous forme de sporocystes (groupes de spores, comme pour des champignons). Ces sacs vont se diriger vers les tentacules de l’escargot, dans lesquels ils vont s’engouffrer, le tout prenant l’aspect de petites chenilles bien charnues, dodues et colorées.

Malheureusement pour le parasite, les escargots ne se montrent que rarement en pleine lumière et dans des endroits bien dégagés me direz-vous. Mais ce serait sans compter la faculté que possède le parasite à contrôler sa victime. En effet, l’escargot sera poussé à se montrer au grand jour et en place publique.

Les sporocystes ressemblent à des petits vers que l’on peut repérer de loin, de plus les vas et vient effectués dans les antennes de l’escargot attirent d’autant plus les regards. Le petit spectacle coloré se déroulant sur la tête du petit gastéropode ne laisse pas indifférent les oiseaux qui penseront voir des bons petits vers bien nourrissants. Et ces derniers viendront picorer les tentacules de l’escargot en avalant au même passage les sporocystes du parasite. De retour dans le tube digestif d’un oiseau ce cycle est bouclé et reprendra depuis le début avec de nouveaux individus.

Là où le sadisme et l’ironie atteignent des sommets, c’est quand on se rend compte que non seulement la majorité des oiseaux se contentent de ne prélever que les tentacules de l’escargot, mais que comble de malheur pour lui, celles-ci se régénèrent… Comme seuls les sacs sont dévorés, une partie du ver est encore dans l’escargot et ce dernier pourra recommencer à créer de nouveaux sporocystes qui iront se loger dans les nouvelles tentacules de l’escargot pour contaminer un autre oiseau. L’escargot continuera malheureusement de errer tel un zombie tant qu’il pourra se régénérer…

mieux comprendre en images

Voici un schéma représentant rapidement le cycle de vie du parasite. On y voit un oiseau contaminant un escargot qui contamine à son tour un second volatile. De plus, il y est bien représenté le fait qu’un escargot contaminé ne contamine pas qu’un seul oiseau dû à la repousse de ses tentacules.

Par Ophiguris sur https://ophiguris.deviantart.com

     Pour ceux qui souhaitent voir tout ça en images, je vous laisse regarder cette vidéo.

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